• TOUCHEZ PAS AUGRISBI - LINO VENTURA BOX OFFICE 1954


    TOUCHEZ PAS AU GRISBI

     

    19 MARS 1954

     

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    Réalisation Jacques BECKER
    Scénario Jacques BECKER
    Albert SIMONIN
    Phographie Pierre MONTAZEL
    Musique Jean WIENER
    Production Robert DORFMANN
    DEL DUCA films
    Distribution LES FILMS CORONA
    Durée 94 minutes
    Tournage 21/09/53-18/12/53
    Max dit "LE MENTEUR" Jean GABIN
    Riton René DARY
    Josy Jeanne MOREAU
    Lola Dora DOLL
    Pierrot Paul FRANKEUR
    Angelo Lino VENTURA

     

     

    Dans le Milieu, l'amitié de Max le Menteur et de Riton est légendaire, ainsi que la rigueur de Max concernant le fameux code de l'honneur de la pègre. Ce que le Milieu ignore, c'est que Max et Riton sont les responsables d'un hold-up retentissant qui eut lieu à Orly et où disparurent cinquante millions en lingots d'or. Mais Riton parle trop : il a confié ce secret à Josy, sa maîtresse, qui s'est empressée de le répéter à Angelo, son nouveau "protecteur", un trafiquant de drogue montmartrois. Ce dernier, avec l'aide de quelques complices, tente d'enlever Max, puis kidnappe Riton pour lui faire dire où est caché le butin (en argot : le grisbi). Devant le mutisme de son prisonnier, Angelo décide de pratiquer un chantage envers Max : la vie de Riton contre les lingots... Paralysé par son amitié, Max accepte. L'échange s'effectue sur une route nationale de la banlieue parisienne. Mais Angelo ne veut rien laisser au hasard : il a projeté de liquider Max et ses amis après l'échange. Un règlement de comptes en voitures s'ensuit. Angelo et sa bande sont abattus, mais Riton est grièvement blessé et Max est contraint d'abandonner son butin dans la voiture d'Angelo en flammes. Le lendemain, Max apprend la mort de Riton. Aux côtés de sa maîtresse américaine, Betty, il songe amèrement aux derniers événements : en une nuit, il a perdu son meilleur ami et le grisbi avec lequel il espérait enfin prendre sa retraite...

     

    ***************

    Au début des années 50, le "polar" rencontre le succès sous forme de livres de poche, un format importé des Etats-Unis qui permet d'emporter avec soi des livres faciles à lire dans les transports en commun ou au plumard. Le premier volume de la célèbre collection "série noire" publié par Gallimard sort en 1949. Il s'agit de "La môme vert-de -gris" écrit par Peter Cheyney . Le public français découvre le polar à l'américaine, ce qui n'est pas tout à fait exact le cas échéant, car Peter Cheyney est Anglais. Le genre rencontre beaucoup de succès, cette littérature devient "branchée". Devant le succès de cette collection, des auteurs français écrivent eux aussi leurs romans policiers. Les histoires se déroulent majoritairement en France, et vont présenter des personnages hauts en couleur, des mauvais garçons qui parlent un langage particulier: l'argot. Un style propre qui va voir éclore des talents tels Auguste Le Breton, Albert Simonin puis plus tard José GIOVANNI. Aux éditions "Fleuve Noir" un jeune auteur débute confidentiellement : Frédéric Dard, avec son célèbre  San-Antonio.  

    Devant le succès rencontré par cette nouvelle littérature, le cinéma français ne tarde pas à réaliser des adaptations. En 1953, "La môme vert de gris" réalisé par Bernard BORDERIE avec Eddie CONSTANTINE  dans le rôle de Lemmy CAUTION rencontre un beau succès. Eddie CONSTANTINE devient une vedette et tourne dans "Cet homme est dangereux" qui aura encore plus de succès.

    Jacques DORFMANN et Cino Del DUCA décident d'adapter "Touchez pas au grisbi" le premier roman d'Albert SIMONIN qui a rencontré un vif succès de librairie. Albert SIMONIN va adapter son propre roman avec l'aide de Jacques BECKER. Le célèbre réalisateur de "Casque d'or" et de "Rue de l'Estrape" a bien besoin d'un succès commercial. Si le sujet du film ne l'inspire pas de prime abord, il livre un scénario précis, net, plein de rigueur. Les producteurs pensent à GABIN pour jouer le rôle de Max, mais BECKER qui aime la jeunesse et est très attiré par la nouvelle génération choisit Daniel  GELIN. Contre toute attente, l'acteur refuse car il se trouve trop jeune pour le rôle et propose GABIN. Le réalisateur refuse les évidences et propose le rôle à François PERIER qui accepte. Mais BECKER est connu pour hésiter et revenir sur ses choix, et peut être se rend il compte que PERIER est un bon acteur mais qui n'est pas un cador du box office. Il téléphone à GABIN pour lui proposer le rôle. L'acteur a un peu de temps devant lui, car le tournage de "L'air de Paris" est retardé. BECKER se débrouille avec PERIER.

    Pour les seconds rôles, BECKER hésite beaucoup, le choix du casting est primordial. Alors que le tournage approche, il surprend Paul FRANKEUR venu saluer son pote GABIN sur le plateau de tournage. Il est embauché sur le coup pour le rôle de Pierrot. Pour le rôle de "Riton" BECKER fait appel à René DARY qui a le même âge que GABIN et qui a connu  un parcours similaire à celui de GABIN. Les deux se connaissent bien, et l'osmose devrait être parfaite entre les deux.

    Du coté du casting féminin l'expérimentée Dora DOLL, magnifique pin- up mariée à Raymond PELLEGRIN jouera Lola l'amie de Josy. C'est une actrice qui a déjà beaucoup tourné en particulier avec Jean DELANNOY. Josy elle sera jouée par la valeur montante du cinéma, la jeune Jeanne MOREAU, une actrice très réputée par les prix qu'elle a obtenu au Conservatoire. Elle joue une jeune danseuse de cabaret, une petite gouape qui joue un jeu dangereux en étant la maîtresse de deux truands. Il est vrai que l'on peut être étonné de la voir jouer les "poules", mais ce sont ces premiers rôles et son jeu est encore un peu hésitant. C'est bien suffisant pour recevoir quelques belles soufflantes de la part de GABIN.

    Du coté des seconds rôles, BECKER cherche quelqu'un de nouveau, une nouvelle gueule pour jouer "Angelo" le méchant gangster du film. Le méchant garçon. Il a repéré un ancien champion de lutte, Lino VENTURA. Celui-ci est retraité des rings depuis un grave accident survenu au cours d'un match. Il lui propose de venir sur les plateaux de cinéma. Assez inconscient, Lino se rend sur le plateau et exige de voir GABIN en personne. Tout le monde frissonne, car GABIN c'est une star, et lui n'est rien. Mais GABIN le reçoit pépère, cela rassure LINO qui accepte. Au cours du tournage GABIN confie à sa femme qu'il vient de rencontrer un jeune gars qui a une sacré personnalité et il lui déclare qu'il ira loin. Il faut dire que dans le film Lino VENTURA dispose encore d'une impressionnante carrure acquise au cours de la pratique de son sport, et qu'il ressemble à un véritable "gorille" dans son costume étriqué.

    Avec ce casting imposant, le tournage du film peut commencer. BECKER bénéficie d'un budget qui lui permet de réaliser une mise en scène très propre, très précise. Le film se déroule dans le Paris des années 50. Dans un café restaurant de Montmartre, la fête bat son plein. Tout le milieu s'est invité à la fête et le "quidam" est prié de dîner ailleurs. Tout le monde se connait et Max "Le menteur" est LA figure du coin. C'est un cador, un seigneur.. C'est un milieu où la sape, l'argent sont rois. Ce sont des bourgeois du milieu en quelque sorte, Max, c'est la classe, interprété par un Jean GABIN qui en impose dans son costard. L'œil vif, le ton sec, il n'hésite pas à arroser pour assoir sa réputation. Le spectateur se doute depuis le début que Max est l'auteur d'un braquage à Orly qui lui a rapporté 50 millions en lingots d'or. Bien sûr, il reste très discret sur ce sujet délicat. BECKER observe un bon moment cette bande d'amis un peu particuliers. Cette description méticuleuse du milieu n'est pas sans rappeler celle réalisée par Martin SCORSESE dans "Les affranchis". Conformément à la légende, le petit groupe est composé de Max et de son inséparable ami Riton qu'il appelle affectueusement "Petite tête de hérisson". Celui-ci sort avec Josy, son amoureuse. Celle-ci est bien plus jeune que Riton. Elle est danseuse avec son amie Lola dans un très chic club qui appartient à Pierrot, un ami de Max. Marco, un jeune homme en quête de "travail" est le petit protégé de Max.

    Le petit groupe se rend dans le club où travaillent les filles. Durant le trajet Lola fait du rentre dedans à Max, mais celui-ci est réticent, il botte en touche. Il parait avoir du recul par rapport aux autres, il possède de l'expérience. Dans le club, danseuses et champagne font bon ménage. Max est convoqué par Pierrot et pelote en passant celle qui est venue le chercher. Dans le film les femmes possèdent de larges décolletés qui mettent en valeur une poitrine provocante ce qui conforte  l'imagerie populaire faite autour de ce milieu.

    Angelo, joué par VENTURA est  le portrait type du mauvais garçon pas très recommandable. Ce n'est pas un seigneur mais un besogneux qui fait business. Max ne l'apprécie pas mais sait se faire respecter de cette nouvelle génération prête à tout pour réussir.

    Max surprend Josy à fricoter avec Angelo. Il ne fait pas tout d suite le rapprochement. Il rentre tranquillement chez lui, mais son taxi s'aperçoit qu'ils sont suivis. Max tend facilement un piège à ses suiveurs et constate que ce sont des hommes d' Angelo. Il comprend le nœud de l'affaire. Il appelle Riton à son hôtel et interrompt son business avec Angelo. Max et Riton se rendent dans la cachette de Max, un charmant pied à terre cossu et meublé avec goût. Max montre sa cachette, les lingots sont cachés dans le coffre d'une grosse américaine. Il engueule Riton, car celui-ci a parlé du casse à Josy et celle-ci a donné le morceau à Angelo. Donc Angelo veut "piquer" le magot à Max. Pour Max cet argent représente la quille, la garantie d'une retraite paisible. Il en a marre du milieu. Piqué au vif Riton veut s'expliquer avec Josy, mais Max lui demande de le laisser faire. Il va refourguer en vitesse les lingots à un receleur et basta.

    Ce que fait Max, mais Riton incorrigible se jette dans la gueule du loup et se fait kidnapper par Angelo. Max pique une colère, il en a marre de son ami qui est un idiot, un boulet. Mais l'amitié est la plus forte. Max règle ses comptes avec Josy et Lola ainsi que le loufiat de l'hôtel. Les baffes pleuvent, il sait se faire respecter Max.

    Chez Pierrot, Max interroge un comparse d'Angelo à l'aide de Marco et Pierrot. Des méthodes musclées ou l'interrogatoire est "limite". Angelo joint Max et propose l'échange de Riton contre les lingots. Max et Pierrot ressortent les sulfateuses. Ca va barder.

    La nuit, sur une route de campagne, l'échange a lieu. Mais le fourbe Angelo a embauché des complices pour éliminer Max. Marco meurt. Max et les autres poursuivent Angelo. La course poursuite donne lieu à de superbes plans où toute la bande, mâchoires serrées, roule à vive allure dans la nuit pour rattraper Angelo. Angelo et ses hommes sont abattus, mais la voiture et les lingots prennent feu.

    Max part soigner Riton, blessé au cours de la bagarre. Il n'en veut pas à Riton, aucun reproches, l'amitié est au dessus de tout ça. Pour ne pas éveiller les soupçons, il va au restaurant comme tous les jours. Il emmène avec lui sa nouvelle compagne, une bourgeoise magnifique qui pourrait représenter son havre de paix, sa retraite aisée. Malheureusement il apprend la mort de Riton au téléphone. Hélas, il doit cacher sa peine en public. Il passe sur un juke box l'air préféré de Riton, une triste complainte à l'harmonica.         

    En 90 minutes BECKER jette les bases d'un genre qui va durer une bonne dizaine d'années sur les écrans. Le sujet basique, un truand veut piquer le butin d'un autre truand, mais un superbe traitement des personnages. Le milieu est fort bien décrit avec les codes d'honneur et d'amitié. C'est aussi une petite réflexion sur le temps qui passe. 

    Les acteurs sont excellents, mais c'est bel et bien Jean GABIN qui s'impose. Oui, l'acteur a vieilli, mais son Max a bien de la classe. GABIN retrouve son œil vif, le sourire crispé et distribue les baffes avec une belle générosité.

    Le film va connaître un succès considérable. Après une très belle exclusivité, le film triomphe dans les quartiers; En France, le film a cumulé près de 5 millions d'entrées et passe largement le million d'entrées sur Paris intra muros. La complainte écrite par Jean WIENER va devenir un air populaire et contribue largement au succès du film.

    C'est le maître étalon du genre. "Du rififi pour les hommes" sortira bientôt et va confirmer le succès du genre. Nul doute qu'un cinéaste comme Jean-Pierre MELVILLE s'est largement inspiré du film.

    La légende veut que le film a relancé la carrière de Jean GABIN, mais nous avons déjà constaté avec les films précédents que GABIN marchait très bien avant ce film. Ce qui va changer, c'est que devant le succès massif , GABIN va retrouver la tête d'affiche et ne devra plus la partager avec d'autres acteurs. Le public s'est familiarisé avec ce GABIN cinquantenaire et a un peu oublié le GABIN jeune. Ce succès va lui permettre de signer des contrats sur la durée portant sur plusieurs films. Des équipes seront constituées autour de lui avec des familiers...

    Alors que GABIN n'avait aucun tournage de prévu après "L'air de Paris", les demandes vont affluer. Il va tourner bientôt "Razzia sur la Chnouf" qui va lui permettre de retrouver Lino VENTURA et Paul FRANKEUR à sa demande.

    Lino VENTURA campe un truand typique du milieu. Cependant, pas de quoi le mettre en haut de l'affiche. Mais Jean GABIN va insister pour l'avoir auprès de lui sur plusieurs films et va devenir son mentor. Jeanne MOREAU va retrouver Jean GABIN dès l'année suivante dans "Gas-oil".

    Jean GABIN va retrouver le personnage de Max en 1961 dans " Le cave se rebiffe". Mais Albert SIMONIN va changer le nom de son héros pour l'adaptation cinématographique.

    TOUCHEZ PAS AU GRISBI THEME MUSICAL

     

    CATEGORIE RANG NOMBRE SALLES
    ENTREES FRANCE   4 710 496  
    ENTREES PARIS   1 332 188  
    ENTREES PARIS EXCLUSIVITE   265 076  
    1ère semaine 3 46 649 2
    2ème semaine 3 41 237  
    3ème semaine 3 36 787  
    4ème semaine 5 29 016  
    5ème semaine   30 260  
    6ème semaine   22 980  
    7ème semaine   24400  
    8ème semaine   17 324  
    9ème semaine   16 423  
    Nombre de semaines Paris   9  
    Moyenne salles Paris 1ère sem   2 324  
    Budget      
    Cote du succès   * * * *  

     

     

     

     

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