• LES DIABOLIQUES - SIMONE SIGNORET - PAUL MEURISSE - HENRI GEORGES CLOUZOT BOX OFFICE

     

     

    LES DIABOLIQUES

    29 JANVIER 1955

     

     

    LES DIABOLIQUES - SIMONE SIGNORET BOX OFFICE 1955

     

     

    • Réalisation : Henri-Georges Clouzot
    • Scénario et adaptation : Henri-Georges Clouzot d'après le roman Celle qui n'était plus, de Boileau-Narcejac
    • Dialogues : Henri-Georges Clouzot, Jérôme Géronimi, René Masson, Frédéric Grendel
    • Producteurs : Henri-Georges Clouzot, Georges Lourau
    • Sociétés de production : Vera Films, Filmsonor
    • Sociétés de distribution : Cinédis
    • Musique : Georges Van Parys
    • Photographie : Armand Thirard
    • Tournage :
      • Intérieurs : Franstudio (Saint-Maurice)
      • Extérieurs : Paris (12e arrondissement), Chevreuse, L'Étang-La-Ville, Montfort-l'Amaury (Yvelines), Bressuire, Niort (Deux-Sèvres)
    • Format : noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — son monophonique (système ARTEC)
    • Genre : drame, thriller
    • Durée : 114 minutes

    Distribution

    • Simone Signoret : Nicole Horner, une enseignante, la maîtresse de Michel
    • Véra Clouzot : Christina Delassalle, la femme de Michel
    • Paul Meurisse : Michel Delassalle, le directeur de l'institut privé, son mari odieux
    • Charles Vanel : le commissaire à la retraite Alfred Fichet
    • Pierre Larquey : monsieur Drain, un enseignant de l'institut Delassalle
    • Michel Serrault : monsieur Raymond, un enseignant de l'institut Delassalle
    • Jean Brochard : monsieur Plantiveau, le concierge de l'institut
    • Noël Roquevert : monsieur Herboux, le mari d'une agrégée de grammaire, le locataire râleur de Nicole à Niort

     

     

    SYNOPSIS

    Michel Delasalle dirige à Saint-Cloud un pensionnat pour jeunes garçons qui appartient à sa femme Christina, jeune femme à la condition fragile. Homme tyrannique et méprisant, il maltraite son épouse ainsi que sa maîtresse, Nicole, qui enseigne dans l'établissement. Poussée à bout par le comportement de Michel, les deux femmes décident de le tuer : un week-end de vacances, elles attirent Michel à Niort, lui font boire un soporifique et le noient dans une baignoire. Mais à leur retour à Saint-Cloud, des événements étranges ne cessent de rappeler aux deux criminelles la présence obsédante de Michel...

     ANALYSE ET BOX OFFICE

    Après le tournage éprouvant du "Salaire de la peur", Clouzot va se tourner vers un film moins exigeant en terme de logistique. "Les diaboliques" c'est d'abord un livre découvert par sa femme, la belle Véra. Le réalisateur va l'adapter à sa sauce pour concocter un thriller à twist final (ou surprise finale en français) très original à l'époque. En dehors de ce twist bien connu (mais je laisse ceux qui n'ont pas vu le film le découvrir) le film propose également un triangle (plus ou moins amoureux vu la suggestion d'une homosexualité latente) entre les trois protagonistes du film. Au casting deux pointures : Simone Signoret, impériale, prend la suite d'Yves Montand star du"Salaire de la peur" (le couple Montand/Signoret sont des amis intimes du réalisateur) et Paul Meurisse qui joue une crapule de haute volée. Plus surprenant la présence de Véra Clouzot que son réalisateur de mari voulait imposer au premier plan. La légende veut que Clouzot fut particulièrement dur avec elle au vu de son amateurisme. Au final on peut dire que Véra Clouzot s'en tire largement avec les honneurs jouant de manière très convaincante, qui sait, peut être qu'elle eut pu  poursuivre sa carrière. On rappellera qu'elle mourra jeune d'une crise cardiaque quelques années après le tournage. Charles Vanel et Pierre Larquey ainsi que Noël Roquevert complètent le casting. Pour Charles Vanel si extraordinaire dans "Le salaire de la peur" c'est un rôle beaucoup plus calme et il apparait bien vieux dans le film. Ajoutons au casting Michel Serrault dans le rôle d'un pion.

    On a beaucoup disserté sur l'ambiance de tournage. Selon Michel Serrault il régnait sur le plateau une ambiance lourde "Il y avait un côté ciel plombé qui alimentait mon trac plus qu'il n'aurait fallu. On avait l'impression que tout était d'une gravité extrême, qu'on engageait son existence par le moindre geste, mais on craignait par-dessus tout de déclencher les foudres du maître-d'œuvre." Noël Roquevert ne dit pas autre chose. Il raconte dans son livre "l'Eternel rouspéteur" une anecdote surréaliste. Lors d'une scène, il doit aider Simone Signoret à porter, dans un escalier en colimaçon, une malle supposée contenir le cadavre de Paul Meurisse. Par souci de réalisme, un cascadeur est réquisitionné pour donner son poids au bagage. Les prises se multiplient, et sans broncher, Signoret et Roquevert montent et descendent "cette putain de malle quatre ou cinq fois." Quand Monsieur Clouzot a jugé la descente de l'escalier à son goût, nous avons poussé un soupir de soulagement. Et au même instant, venant de l'intérieur de la malle, nous avons entendu un râle […] On avait oublié le pauvre gars. Il se trouvait là depuis une demi-heure, et il ne disait rien."

    On cite souvent la maltraitance que Clouzot aurait fait subir à sa femme. il apparait plus que les deux avaient des rapports ambigus sur le tournage, Véra semblant veiller à la supervision du film. Oui Clouzot est un perfectionniste , recherchant le bon détail, exigeant avec les acteurs. Et Véra Clouzot joue juste quoiqu'on en dise, la preuve car aujourd'hui encore elle demeure célèbre pour ce rôle. Peul Meurisse cherchera à faire tomber la légende, non, il n'a pas tourné dans une baignoire d'eau glacée, l'eau était chaude et une équipe était chargée de l'essuyer après chaque prise afin qu'il n'attrape pas froid, ce qui n'empêche pas l'acteur de camper un salaud d'anthologie avec un talent rare.  Le jeune Johnny Hallyday figurant sur le tournage raconte la bonne ambiance un peu désordonnée qui régnait sur le tournage dans le groupe de jeunes figurants. Il garde un souvenir enchanté du tournage et décrit Véra Clouzot comme une personne très gentille qui prenait grand soin des jeunes figurants. Certes Clouzot était stressé c'est indéniable et le résultat est là. Le film est un grand huis clos dominé par une interprétation sans faille de ses acteurs. La pension est glauque et des acteurs comme Vanel, Larquey ou Roquevert renforcent cette idée de cette ambiance vielle, moisie, avec des acteurs vieux croutons  qui jouent comme dans les années 30. Mais Simone Signoret, magnifique, détonne dans ce décor, c'est un personnage totalement moderne avec son look à l'américaine, portant régulièrement des lunettes noires et cigarette au bec. Son duo avec Véra Clouzot détonne, c'est un film au ton très féministe  porté par deux héroïnes ce qui était rare à l'époque et bien sûr avec une once d'homosexualité suggérée. 

    le film distille également un ton fantastique, surnaturel qui sera, est-ce finalement une bonne chose, désamorcé par le twist final. Au final Clouzot signe un thriller remarquable qui n'a rien à envier aux meilleurs films "à suspense" d'un Hitchcock. Le réalisateur démontre également un éclectisme remarquable.

    Ce qui est remarquable également c'est la manière dont le film sera lancé. En effet les exploitants reçoivent un manuel de publicité (voir les documents ci-dessous) leur demandant devant le suspense haletant du film de fermer les portes  de la salle dès le film commencé. Une promotion et un sens du marketing qui va porter ses fruits.

    Le film sort à Paris le 29 janvier 1955 et doit faire face à des films comme "Sur les quais" ou "le Comte de Monte-Cristo" version Jean Marais qui tiennent les deux premières places du box office hebdomadaire des exclusivités parisiennes. Il bénéficie de trois belles salles : le Paris, le Berlitz et le fameux Gaumont Palace. Avec 104 855 entrées en 3 salles le film n'a aucun mal à prendre la tête du box office avec 54 299 entrées au Gaumont palace et 29 656 au Berlitz. Seuls 4 films auront passé la barre des 100 000 spectateurs en une seule semaine d'exclusivité en 1954. Le film connait une seconde semaine aussi bonne avec encore 52 419 entrées au Gaumont palace bien qu'il perde sa première place au profit de "Sabrina" de Billy Wilder. Il récupère sa première place les deux semaines suivantes. Durant ses 6 semaines d'exclusivité il attire 240 000 spectateurs au Gaumont palace. Début avril le film tourne dans le circuit des salles de quartiers, il attire 205 000 spectateurs dans 19 salles dont 22 712 entrées au Montrouge Aubert ou 12 125 entrées au Saint-paul. En 7 semaines dans les salles de quartier et de banlieues il ajoute 602 000 entrées à son compteur parisien. Au final il attirera plus de 1 600 000 spectateurs.

    C'est d'ailleurs peut être plus un succès parisien qu'un très gros succès en régions. Peut être est-ce du à l'interdiction du film aux moins de 18 ans. Toutefois rapidement des salles françaises sont ajoutées au parc d'exploitation et dès la 5ème semaine le film prend la tête du box office France hebdomadaire avec 205 000 entrées en 18 salles dont 16 386 entrées au Nice Palace ou 14 937 entrées au Lyon Tivoli. Score confirmé la semaine suivante dont 26 356 entrées au Strasbourg Vox et la semaine suivante 26 756 entrées au Rex de Marseille, 23 088 entrées au Gaumont Toulouse ou 21 927 entrées à l' Olympia de Bordeaux. Le film connaitra le pic de son audience en semaine 12 avec 298 000 entrées en 59 salles. Au total le film va récolter près de 3.7 millions d'entrées en France et se classer top 14 des films sortis en France en 1955, un très beau score pour un film interdit aux moins de 18 ans.

    Alors que le film n'est pas une coproduction franco-italienne, le film se classe top 44 en Italie pour la saison 1955/56 ce qui équivaut à environ 3 500 000 spectateurs, soit un très beau succès pour un film français.

    Le film sort à Broadway le 22 novembre 1955 au cinéma le FINE ARTS une salle de 468 places ( le ticket étant fixé entre 4.5 francs et 9 francs). En première semaine le film récolte 110 000 francs de recettes. Il reste 21 semaines à l'affiche et récolte 1 035 000 francs. Sa recette totale est estimée a 500 000 dollars net distributeur.

    (Chiffres communiqués par Laurent Aumaître spécialiste du box office Mondial - Source France : CNC et Fabrice Ferment responsable des statistiques du CNC)

            
     

    CATÉGORIE RANG ENTRÉES SALLES
    ENTRÉES FRANCE 14 3 683 029
     
    1ère semaine FRANCE 5 104 855
    3
    2ème semaine FRANCE 8 99 843
    6
    3ème semaine FRANCE  8
    99 870
    4
    4ème semaine FRANCE  4 119 569
     5
    5ème semaine FRANCE 1  205 579
     18
    6ème semaine FRANCE 2  224 464
     30
    7ème semaine FRANCE 2 214 048
     34
    8ème semaine FRANCE 2 179 682
    31
    9ème semaine FRANCE  3  155 893
    35
    10ème semaine FRANCE  3 136 417
    42
    11ème semaine FRANCE
     20  67 524
     19 
    12ème semaine FRANCE 1 298 562
    59
    13ème semaine FRANCE 1 215 311 57
    ENTRÉES PARIS BANLIEUE   1 600 000
     
    1ère semaine 1 104 855
    3
    2ème semaine 2 99 843
    3
    3ème semaine 1 79 858
    3
    4ème semaine 1 80 760
    3
    5ème semaine 2 59 745
    3
    6ème semaine 4 43 599 3
    ENTRÉES ITALIE
     44 3 500 000
     
    BOX OFFICE USA   500 000 $ net  
    Cote du succès   * * * *
     

     

     

     

    SIMONE SIGNORET RACONTE LE TOURNAGE

     

     

     

    LES DIABOLIQUES - HENRI GEORGES CLOUZOT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES DIABOLIQUES - MICHHEL SERRAULT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES DIABOLIQUES - PAUL MEURISSE ET SIMONE SIGNORET

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     LES DIABOLIQUES - SIMONE SIGNORET BOX OFFICE 1955

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES DIABOLIQUES - VERA CLOUZOT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    LES DIABOLIQUES - SIMONE SIGNORET

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Le jeune Jean-Philippe Smet futur Johnny.

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  • Commentaires

    1
    laurent
    Vendredi 8 Juin à 14:42

    On peut ajouter que son succès américain fut réel. Avec son demi-million de dollars de recette distributeurs ($2.5 millions de recettes salles environ), il était considéré par Variety comme l'un des plus gros succès du cinéma français sur le marché américain (18 janvier 1956).

    Par contre il marcha nettement moins que le "Salaire de la peur" en Allemagne, où il termina quand même à la 89ème place de la saison 1954-55.

    Et bien qu'il fit un démarrage tonitruant dans la grande salle de Tokyo, l'Hibya, en rapportant 20 309 843 yens en trois semaines (dont 9.4 millions la première), il ne figure pas dans le top 20 annuel, faisant ainsi moins bien que le précédent film de Clouzot.

    2
    laurent
    Samedi 9 Juin à 18:01

    A noter également qu'avec $21 000 sa première semaine au Fine Arts et $18 300 la deuxième , il détenait les deux plus grosses recettes hebdomadaires de la salle au moment de sa sortie.

      • Dimanche 10 Juin à 03:47

        Merci pour tout ces chiffres Laurent qui seront inclus dans la fiche bien sûr !

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