• LE PASSAGER DE LA PLUIE - CHARLES BRONSON BOX OFFICE 1970

     

    LE PASSAGER DE LA PLUIE

     

    21 JANVIER 1970

     

     

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    Réalisation

    René CLÉMENT

    Scénario

    Sébastien JAPRISOT

    Directeur de la photographie

    Andréas WINDING

    Musique

    Francis LAI

    Production

    Serge SILBERMAN -

    Distribution

    CCFC

    Durée

    120 minutes

    Tournage

    2 juin 1969 /

    Le colonel Harry Dobbs

    Charles BRONSON

    Mélancolie Mau, dite "Mellie"

    Marlène JOBERT

    Juliette Mau, la mère

    Annie CORDY

    Nicole

    Jill IRELAND

    Tony

    Gabriele TINTI

     

    Mélancolie Mau, dite "Mellie", est mariée à un navigateur d'Air France, Tony. Ce dernier a dû s'absenter, et la jeune femme s'ennuie. Elle rend visite à sa mère Juliette, qui tient un bowling, puis va essayer une robe chez son amie Nicole. Sous la pluie, au-dehors de la boutique, un inconnu l'observe. Il se cache dans la voiture de Mellie et rentre chez elle. Il la surprend et la viole. Folle de terreur, elle prend un fusil, abat le sadique et jette le cadavre à la mer. Quelques jours plus tard invitée à un mariage, Mellie tombe sur un journal racontant le meurtre d’un certain Bruno SAKKI. Son trouble est noté par un étrange américain qui l’invite à danser,et lui demande en souriant : « pourquoi l’avez-vous tué ? ». MELLIE retrouve l’inconnu au bowling de sa mère, qui toujours souriant la harcèle de questions, et surtout lui demande de lui rendre un sac rouge. Traquée par l’inconnu, MELLIE lui offre tout son compte en banque ; l’américain refuse en lui faisant comprendre qu’elle se trompe sur ses intentions. Il la saoûle, la moleste, mais elle ne dit rien. Voulant savoir qui il est, elle pénètre dans sa chambre d’hôtel et fouille ses affaires. Elle découvre qu’il s’appelle Harry DOBS, colonel dans l’armée américaine. Il lui apprend qu’on a trouvé le coupable du meurtre de SAKKI, sa maîtresse Madeleine LEGOFF. Rongée de remords MELLIE va à Paris chez Tania, la sœur de Madeleine, pour lui dire que cette dernière est innocente ; mais Tania tient un bordel qui est un repaire de gangsters. Le chef Monsieur ARMAND interroge brutalement MELLIE.  DOBBS intervient et sauve MELLIE. Il lui avoue que l’affaire SAKKI n’a rien à voir avec l’affaire qui occupe les gangsters. Il a utilisé cette coïncidence pour la faire craquer. MELLIE veut se débarrasser du sac rouge, mais DOBBS caché dans la voiture, lui vole. MELLIE lui hurle : »menteur ! tricheur ! c’est vous qui avez tout manigancé avec votre sourire de chat »

    DOBBS dit à MELLIE que le sac rouge appartient à l’homme qu’elle a tué et qu’il contient 60 000 dollars qu’il avait volé à l’armée.  Le corps est retrouvé et DOBBS trouve dans la main crispée du cadavre un bouton de la robe de MELLIE.

    Tony est revenu. DOBBS va voir une dernière fois MELLIE, il lui donne le bouton puis il jette une noix sur une vitre, et celle-ci se brise. Or, n’avait-il pas dit à MELLIE précédemment que lorsqu’on jette une noix sur une vitre et qu’elle se brise, c’est qu’on est amoureux ? Puis il s’en va.  

     

    Le producteur Serge SILBERMAN a réalisé un fort joli coup en produisant "Adieu l'ami" avec Alain DELON et sa vedette américaine Charles BRONSON concrétisé par 2.6 millions de spectateurs. Alors la tentation est légitime de rééditer l'exploit. Sébastien JAPRISOT écrit donc un scénario spécialement destiné à Charles BRONSON, mais il reste à convaincre la star. René CLEMENT le réalisateur fait appel à Alain DELON avec qui il a tourné "Plein soleil" afin de lui demander son avis. DELON lui confirme que BRONSON est l'acteur qui lui faut et l'acteur reçoit le scénario. Comme il le dit lui même il est reconnaissant envers Alain DELON : "Il est possible qu'un autre acteur qu'Alain DELON ait pu être jaloux de mon succès dans "Adieu l'ami", mais DELON au contraire fut si enthousiaste que René CLEMENT me donna le rôle principal dans "Le passager de la pluie".

    Cependant à la réception du scénario, BRONSON décide de refuser le rôle, car il n'apprécie par Sébastien JAPRISOT car il a trouvé le scénario de "Adieu l'ami" peu vraisemblable. C'est Jill IRELAND qui pousse BRONSON a accepter le film comme l'explique ce dernier: "Ma femme m'a aidé à faire des choix intelligents". Elle m'a poussé dans des directions où je ne voulais pas aller. C'est elle qui a tenu à ce que je tourne "Adieu l'ami" avec Alain DELON film qui a reçu d'excellentes critiques et qui a été une bonne affaire commerciale. Tout de suite, la même équipe m'avait demandé pour "Le passager de la pluie" et j'avais refusé. Jill était furieuse car elle aimait beaucoup le script. Mais je ne m'étais pas très bien entendu avec le scénariste et je n'avais pas envie de retravailler avec lui. Jill m'a finalement convaincu et, ironie du sort, "Le passager de la pluie" a changé toute ma carrière. Donc elle avait raison. Une femme voit souvent dans un scénario des choses qu'un homme ne peut pas voir.

    BRONSON accepte donc et le tournage peut donc commencer à Hyères, sur la côte d'azur. l'acteur va découvrir la jeune actrice à qui il va donner la réplique. Il s'agit de Marlène JOBERT qui va jouer le rôle de Mélancolie, alias "Mellie". L'actrice ne cesse de grimper en haut de l'affiche depuis quelques mois. Ce nouveau visage a connu un premier succès en étant la femme de Philippe NOIRET dans "Alexandre le Bienheureux", puis Michel AUDIARD a lancé l'actrice sexy et très bien "roulée" dans " Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages" qui a été un succès. Elle a ensuite confirmé dans un rôle plus difficile avec "L'astragale". Avec son visage mutin et sa voix très particulière, ce petit bout de femme va sérieusement concurrencer Annie GIRARDOT mais surtout Brigitte BARDOT, par sa fraîcheur et son physique.

    D'autres acteurs occupent des petits rôles, dont Jill IRELAND bien sûr qui joue l'amie de Marlène JOBERT maquillée comme un sapin de noël, et Annie CORDY qui joue sa mère.      

    C’est d’ailleurs Marlène JOBERT qui donne toute l’ambiance et le ton au film. Elle porte entièrement sur ses épaules la première partie du film et elle s’en sort très bien dans un rôle pas évident. Son viol est très éprouvant, d’autant plus que la caméra de René CLEMENT est très habile. Seule chez elle dans une maison isolée, elle est la cible d'un homme qui n'a cessé de l'observer la journée. Non seulement elle doit subir un viol, attachée, mais l'homme reste tapi dans l'ombre. Une scène à grand suspense. Angoissée, terrorisée elle tue son agresseur, resté à proximité d'un coup de fusil. Etrangement elle n'appelle pas la police et décide de jeter le corps le haut d'une falaise non sans avoir été proche de se faire pincer par la police, à la suite d’un contrôle routier. Tout en justesse, elle démontre de réels talents d’actrice, sans oublier sur un physique des plus sexy bien que ce soit la cause de son malheur (dans le film).

    Alors qu'elle cherche à oublier cette horrible tragédie, arrive BRONSON comme un cheveu sur la soupe. L'acteur arbore un look similaire à sa prestation dans "Adieu l'ami" et on pourrait croire qu'il s'agit du même personnage, de plus le réalisateur John BERRY double BRONSON une nouvelle fois en lui donnant cet accent américain et grave à couper au couteau.

    René CLEMENT joue donc sur la différence physique flagrante entre Mellie et l'inconnu en dehors du sexe bien entendu. BRONSON est grand, musclé, bourru, Milli est petite, frêle et timide. C'est ce qui fait tout le charme du film. Leurs rapports sont ambigus. BRONSON c'est le bourreau et Mellie la victime.    Entre les deux personnage s’engage un jeu du chat et de la souris. Qui est cet homme et pourquoi harcèle-t-il Mellie ? C'est ce que le spectateur va découvrir petit à petit, le temps d'une intrigue un peu tirée par les cheveux, certes, mais ce n'est pas important tant l'importance du jeu des acteurs et de leur rapport entre eux l'emporte.

    Face à cette boule de muscles et ce personnage fort intimidant, on peut croire Mellie dépassée, or il n’en est rien, c’est bien sa personnalité qui petit à petit fissure la carapace de BRONSON. On découvre la personnalité et le passé de Mellie au cours du film. Il y a peu d’enjeux dans le film et le réalisateur cède à un peu à la facilité, ce n’est pas un grand film policier malgré l’ambition du réalisateur. Reste le point fort du film, le charme de JOBERT qui peu à peu transforme BRONSON l’agresseur en protecteur.

    De petits détails trahissent la sympathie ressentie par les deux personnages. Dobbs appelle Mellie affectueusement "Love love" et celle-ci lui parle de son sourire de chat. Dobbs va même sauver Mellie des griffes de sordides personnages qui la retiennent prisonnière. Oui, bien sûr Dobbs est touché par ce petit bout de femme innocente et son cœur de vieux militaire commence à vaciller. Mais Mellie  est casée et les deux personnages se disent pudiquement au revoir l'enquête de Dobbs achevée. Mellie retrouve son mari, et sa vie sera préservée grâce au bouton de manteau retrouvé dans la main du cadavre (bien conservé malgré son séjour dans l’eau) que lui rendra Dobbs bien qu'on se doute que la police aurait eu toutes les difficultés du monde à faire le rapprochement entre le bouton et Mellie.

    S'il ne retrouve pas le niveau de "Plein soleil" René CLEMENT réalise un film maîtrisé techniquement qui fleure bon les années 70. Mais c'est bien son talent de directeur d'acteurs qui l'emporte et Marlène JOBERT et BRONSON trouvent un de leurs meilleurs rôles. JOBERT impose son personnage de petit chat minaudant et enfantin qui fera sa marque de fabrique et BRONSON est ce dur ultra musclé au cœur tendre que le public adore.

    Le film va bénéficier d'un évènement inattendu. Sorti fin août 1969, "Il était une fois dans l'Ouest" est un gros succès qui ne cesse de confirmer. le film poursuit une exploitation régulière grâce à un bouche à oreille fantastique du public et à la musique de Ennio MORRICONE qui triomphe sur les ondes. Le phénomène BRONSON est lancé. Et il se trouve que "Les passagers de la pluie" sort en plein triomphe du film de LEONE et s'empare sans coup férir de la première place du box office parisien avec une moyenne supérieure de 10 000 entrées par salles. Les entrées augmentent les 3 semaines suivantes et le film reste 12 semaines dans le top 10 assurant un énorme succès au film. C'est le meilleur résultat en solo pour BRONSON qui devient définitivement une star en France et en Europe où le film marche très bien. Mais les USA sont hermétiques au film ainsi qu'au LEONE. Charles BRONSON devient donc une star européenne et en particulier en France. Dans l'attente d'un possible succès aux USA, l'acteur va tourner exclusivement en France et en Italie.

    Marlène JOBERT connait elle aussi son plus grands succès et devient une incontournable du cinéma français en concurrence avec Annie GIRARDOT pour la place de reine du box office.      

     

     

    CATEGORIE

    RANG

    NOMBRE

    SALLES

    ENTREES FRANCE

    3

    4 763 822

     

    ENTREES PARIS BANLIEUE

     

    1 250 306

     

     

     

     

     

    exclusivité Paris

     

     

     

    1ère semaine

    1

    76 060

    7

    2ème semaine

    1

    81 297

     

    3ème semaine

    1

    82 906

     

    4ème semaine

    2

    84 404

     

    5ème semaine

    2

    62 480

     

    6ème semaine

    1

    55 491

     

    7ème semaine

    2

    49 951

     

    8ème semaine

    3

    43 043

     

    9ème semaine

    5

    37 871

     

    10ème semaine

    4

    34 670

     

    11ème semaine

    5

    35 256

     

    12ème semaine

    8

    22 020

     

     

     

     

     

    Nombre de semaines Paris

     

    21

     

    Moyenne salles Paris 1ère sem

     

    10 886

     

    Box office annuel Espagne

     

    1 058 715

     

    Box office annuel Italie

    26

     

     

    Cote du succès

     

    * * * * *

     

     

     

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