• LE CORNIAUD - BOURVIL BOX OFFICE 1965

    LE CORNIAUD

      

    24 MARS 1965

     

     

      

    LE CORNIAUD - BOX OFFICE LOUIS DE FUNES 1965

     

     

    • Réalisation : Gérard Oury
    • Scénario : Gérard Oury
    • Adaptation : Gérard Oury, Marcel Jullian
    • Dialogues : Georges Tabet, André Tabet
    • Musique : Georges Delerue et Gioachino Rossini
    • Sociétés de Production : Les Films Corona
    • Sociétés de distribution : Valoria Films
    • Producteur : Robert Dorfmann
    • Tournage : 31/08/64-11/10/64
    • Genre : Comédie, Aventure
    • Durée : 105 minutes
    • Bourvil : Antoine Maréchal
    • Louis de Funès : Léopold Saroyan
    • Venantino Venantini : Mickey dit « le bègue », dit « la souris »
    • Henri Génès : Martial
    • Guy Grosso : un douanier
    • Michel Modo : un douanier
    • Robert Duranton : l'athlète sous la douche
    • Henri Virlogeux : un truand, associé de Saroyan

    Antoine Maréchal, petit commerçant à Paris, s'apprête à partir en vacances en Italie, lorsque sa petite voiture est réduite en miettes par la luxueuse voiture du coléreux Saroyan, directeur d'une importante maison d'import-export. D’abord méprisant et de mauvaise foi, Saroyan reconnaît soudain ses torts et offre à Maréchal, qui n'en croit pas ses oreilles, le voyage Paris-Naples en avion, lui proposant de revenir, tous frais payés, de Naples à Bordeaux, avec la Cadillac d'un de ses amis. Maréchal accepte bien volontiers cette proposition inattendue. Mais Saroyan est en réalité un important chef de gang qui cherche le moyen de rapatrier de Naples à Bordeaux une voiture bourrée de drogue et de diamants. Pour plus de sûreté, Saroyan et ses accolytes le surveillent, tandis que la bande rivale de La Souris les prennent en filature. Le "corniaud", tout au plaisir du voyage, ne se rend compte de rien. Il flirte avec une manucure, fait la connaissance d'une auto-stoppeuse, multiplie les maladresses et essaime en cours de route les trésors qu'il emporte. Mais lors du passage de la douane, il se rend compte du rôle qu'on lui fait jouer et, prenant la situation en main, il mettra son honneur à livrer la Cadillac à l'heure dite et à faire arrêter les bandits.

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    Gérard OURY possède de l'ambition. Il a débuté sa carrière en tant qu'acteur convenable, certes, mais pas transcendant. On se souviendra de lui en tant que chirurgien esthétique qui donne la beauté à Michèle MORGAN sur le tournage du "Miroir a deux faces" d'André CAYATTE, avec...BOURVIL, mais pas grand chose d'autre. Il trouve d'autres satisfactions en devenant réalisateur avec des films comme "la menace" ou "le crime ne paie pas" qui a été un grand succès au cours de l'été 1962, mais cela ne lui suffit pas. Le genre des comédies en France est très répandu, mais celles-ci sont en général des productions aux budgets limités, qui tiennent le coup grâce aux acteurs français qui sont souvent de très grande qualité. Pour lui, il convient de préparer longuement un film, le professionnaliser au maximum. Il est nécessaire d'avoir un bon budget, un bon scénario, de bons opérateurs afin de mettre le maximum de chances de son coté, et bien sûr de bénéficier des meilleurs acteurs à fortiori s'ils sont populaires, donc susceptibles d'emmener des spectateurs dans les salles. A ce jeu là, BOURVIL est incontournable. Pas encore en "solo" où l'acteur n'est pas celui qui attirait le plus de spectateurs dans les salles, mais bien en duo où il n'a jamais eu d'équivalent. En effet lorsqu'il est partenaire d'une star, les entrées semblent multipliées. C'était immanquable avec Luis MARIANO qu'il a aidé à remonter au top à la fin des années 50, mais aussi ses films avec GABIN dont "La traversée de Paris" ou "Les misérables" représentent le pic de la carrière de GABIN après guerre. Et bien sûr Jean MARAIS sortis du ventre mou du box office avec "Le Bossu" et "Le Capitan" deux énormes succès. Mais aussi ses seconds rôles dans "Les trois mousquetaires" ou "Cadet Rousselle". En 1963 il a relancé à lui seul un FERNANDEL très nettement en perte de vitesse avec "La cuisine au beurre".

    Donc BOURVIL en duo c'est encore plus sûr que la Sécurité Sociale.

    Maintenant qui pour l'accompagner ? Dans cette génération d' acteurs il n y a pas tant de candidats que cela. FERNANDEL n'a semble-t-il jamais été sollicité, reste Francis BLANCHE, Darry COWL, SERRAULT, POIRET, Roger PIERRE et son compère, mais aussi Louis DE FUNES. Nous l'avons déjà abordé DE FUNES à l'époque est reconnu comme un des meilleurs par la profession. Ses scores au box office deviennent très intéressants depuis le succès de "Pouic Pouic" et il n'est pas encore très cher. Les deux acteurs se connaissent car ils ont tourné ensemble "Poisson d'avril" à l'époque où DE FUNES n'était qu'un second couteau du cinéma alors que BOURVIL était déjà une sacrée vedette, et bien sûr dans "La traversée de Paris". Ce sera donc DE FUNES qui a cependant un agenda surchargé. En cette année 1964, il tourne "Le gendarme de Saint Tropez" fin mai et poursuit dans la foulée avec "Fantômas" qui se tourne en plein été 1964. Le début du tournage du "Corniaud" débutant le 30 août 1964, Louis DE FUNES intègrera le tournage un peu après le début, les premières scènes étant tournées avec BOURVIL ce qui n'est pas très grave étant donné que c'est BOURVIL la star du film. 

    Chez OURY il convient de redorer le blason des comédies françaises. Chez lui pas (encore) de vulgarité, pas de film bâclé. C'est une envie de cinéma à l'américaine qui comporte de beaux décors, une intrigue solide, un beau casting et des situations cocasses écrites et préparées bien en amont. Et puis également quelques gags visuels destinés à être assimilés par un public international.

    Doté d'un budget confortable de 3.5 millions de francs (600 000 euros) le tournage peut débuter en Italie pour se terminer à Paris. 

    Le problème, pour autant que cela en soit un, est que "Le gendarme de Saint Tropez" sort début septembre 1964 et  que le film devient un énorme succès et que le statut de  Louis DE FUNES est en train de changer rapidement. Lorsque ce dernier intègre le tournage et voit les rushs il demande un traitement à égalité avec BOURVIL. Au fur et à mesure des jours de tournage OURY qui constate à la vision des chiffres d'entrées du "gendarme" qu'il a le nouveau cador du box office dans les mains, n'a pas le choix que d'écrire des scènes pour DE FUNES en solo, soit entre autres celle du garage où il répare sa voiture sous l'air de ROSSINI ( grande scène burlesque par ailleurs) et celle où il prend sa douche en compagnie de Robert DURANTON. Tout ceci ne semble pas avoir dérangé BOURVIL, bonne pomme habituée à partager l'affiche avec toutes sortes de vedettes. 

    Au final Gérard OURY va bien sûr bénéficier de l'apport de la présence de DE FUNES.  Alors que l'association BOURVIL / FERNANDEL n'avait pas été fructueuse dans "La cuisine au beurre", les deux acteurs ayant a peu près le même rôle de français moyen, ici l'association BOURVIL / DE FUNES fonctionne a plein étant donné que le caractère des deux personnages est parfaitement différencié. BOURVIL est toujours le français moyen et naïf et DE FUNES est un truand retors et nerveux. A ce dernier le burlesque, le sens de l'occupation de l'espace, le génie du comique, BOURVIL lui est capable de répliques cultes improvisées comme lors de la célébrissime scène de la destruction de la 2 CV : " Elle va marcher beaucoup moins bien maintenant, forcément".

    Si on enlève les deux acteurs, "Le corniaud" est un aimable "road movie" bonifié par le meilleur gag visuel de OURY qui semble tiré d'une bande dessinée, soit la destruction d'une 2CV totalement bardée d'écrous explosifs. Le talent des deux acteurs étant de ne pas s'écrouler de rire durant les répliques ce qui aurait "gâché" la journée du réalisateur. Le budget qui va pourtant enfler au vu des aléas de tournage. Reste que OURY est encore maître de son film et reste loin des "kolossales" lourdeurs de "L'as des as". Le corniaud" reste son film le plus maîtrisé et à ce titre, sans doute son meilleur (ce qui n'engage que moi). Evidemment le talent des deux acteurs fait énormément pour le film et c'est un doux euphémisme. 

    Lorsque le film sort en mars 1965, Louis DE FUNES a connu un autre succès massif au box office avec le premier "Fantômas" ce qui a confirmé son nouveau statut. En février 1965 la France succombe à la "James Bond mania" avec l'énorme succès de "Goldfinger" qui tient largement la tête du box office parisien depuis un mois. "Le corniaud" sort donc dans sept salles sur Paris et Orly  et prend facilement la tête du box office des exclusivités parisiennes avec un score très correct. En province le film sort sur les chapeaux de roues et augmente très rapidement son parc de salles. Le bouche à oreille s'installe et le film devient un rude adversaire de James BOND avant de s'imposer comme champion de l'année. Le film devient un phénomène et finit l'année 1965 a 6.7 millions de spectateurs en 9 mois, ce qui est un triomphe. En 1966 alors que les autres films de DE FUNES marchent du feu de Dieu, "Le Corniaud" attire encore 1.3 millions de spectateurs ce qui lui permet de cumuler plus de 7.7 millions de spectateurs fin 1966. Encore 809 000 spectateurs en France pour 1967 où il finit l'année a 8.5 millions de spectateurs cumulés. Le film atteint la rarissime barre des 10 millions de spectateurs début 1972. En fait l'exploitation aura été non stop en France de mars 1965 à fin 1977 où le film atteint les 11.7 millions de spectateurs.   

    Ce succès phénoménal impose définitivement DE FUNES comme numéro un du box office français, en trois films. Il a mangé toute la concurrence. BOURVIL connait évidemment le pic de sa carrière (pour le moment) et il peut ainsi se consacrer à d'autres projets d'autant que "Les Grandes gueules" où il obtient un rôle dramatique est également un beau succès.

    Alors que le film triomphe sur les écrans, DE FUNES tourne "Le gendarme à New York" et enchaîne avec "Fantômas se déchaîne"; Sur le plateau du "Fantômas" Jean MARAIS devra se faire une raison : c'est DE FUNES la superstar et le film se fera autour de lui, et pour lui. C'est dur, mais c'est la loi du box office. 

    Dans cet agenda toujours surchargé et balisé, DE FUNES a déjà donné son accord à Gérard OURY pour reformer son duo dès l'année suivante dans l'esprit de connaitre un succès comparable.

    "Le Corniaud" multi diffusé à la télévision avec succès demeure un inaltérable classique du cinéma français et reste présent dans le top 10 "all time" du box office des films français. 

     

    CATEGORIE POS NOMBRE SALLES
    ENTREES FRANCE 1 11 743 250
     
    1ère semaine FRANCE
    3 124 038 19
    2ème semaine FRANCE   331 100
    42
    3ème semaine FRANCE   403 683
    45
    4ème semaine FRANCE   495 292
    57
    5ème semaine FRANCE   392 006
    60
    6ème semaine FRANCE   388 741
    63
    7ème semaine FRANCE   291 321 68
    8ème semaine FRANCE   183 885 62
    9ème semaine FRANCE   195 349 62
    10ème semaine FRANCE   235 081 69
    ENTREES PARIS BANLIEUE   2 743 707
     
    1ère semaine 1 71 555
    7
    2ème semaine 1 71 088
    7
    3ème semaine 1 80 544
    7
    4ème semaine 1 81 922
     7
    5ème semaine 1 59 469
    7
    6ème semaine 1 67 779
    7
    7ème semaine 1 62 789
    8
    Budget   5.3 MF  
    Cote du succès   * * * * * *
     

     CHIFFRES COMMUNIQUES PAR DIDIER NOISY

     

     

     

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