• EN CAS DE MALHEUR - BOX OFFICE BRIGITTE BARDOT 1958

     

    EN CAS DE MALHEUR

     

     17 SEPTEMBRE 1958

     

     

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    Réalisation Claude AUTANT-LARA
    Scénario Jean AURENCHE
    Pierre BOST
    Photographie Jacques NATTEAU
    Musique René CLOEREC
    Production Raoul J LEVY
    Distribution Cinedis
    Durée 120 minutes
    Tournage  
    Maître André Gobillot Jean GABIN
    Yvette Maudet Brigitte BARDOT
    Viviane Gobillot Edwige FEUILLÉRE
    Janine Nicole BERGER

    Yvette Maudet, avec une jeune fille de son âge, essaie de voler pour vivre et est surprise par une cliente dans une boutique où elle menace le commerçant avec un faux revolver ; elle assomme la cliente et s'enfuit. Son amie se fait coffrer par la police et Yvette se précipite chez un grand avocat parisien, Maître Gobillot, sachant qu'il accepte de plaider gratuitement les causes des jeunes femmes qu'il désire. Madame Gobillot est au courant des écarts de son mari et se contente d'essayer de ne pas perdre la face. Yvette est arrêtée ; Gobillot la défend, aidé par un coup de téléphone d'une vieille inconnue qui lui a signalé que le commerçant est un satyre. Gobillot retrouve Yvette dans un hôtel ou il l'a logée. C'est Madame Gobillot qui conduit son mari à cet hôtel mais elle essaie, par des moyens détournés, de le ramener à elle. Cependant, le « fiancé » d'Yvette la rejoint et, avec une candeur idéaliste, la persuade qu'elle doit avouer son délit dont elle n'a pas à se repentir puisqu'elle avait faim. Dès qu'il a le dos tourné, Yvette revient à Gobillot qui la loge dans sa garçonnière et bientôt, pour éviter que son fiancé la retrouve, lui achète un appartement en secret où une servante est dans la confidence de leurs amours. A l'occasion d'un voyage projeté aux sports d'hiver, Yvette s'échappe un instant en banlieue jusqu'à la mansarde de son fiancé. Celui-ci croit l'avoir reprise totalement mais, une heure après, comprenant qu'elle s'en va, il la tue sauvagement.

     *****************

     A une époque où le cinéma français savait réunir les plus grands talents pour le bonheur des spectateurs français, voici un film qui se pose là dans le genre. Se basant sur un roman de l'inévitable Georges SIMENON, Raoul LEVY réunit une équipe de rêve. Claude AUTANT-LARA aux manettes qui, après "La traversée de Paris" va retrouver Jean GABIN en pleine gloire et l'associer à la superstar féminine Brigitte BARDOT. Edwige FEUILLERE joue la bourgeoise classe de GABIN. Jean AURANCHE et Pierre BOST sont à l'adaptation du roman, nous retrouvons donc pratiquement toute l'équipe de "La traversée de Paris" c'est du très lourd sur le papier.  Reste à savoir comment va se dérouler le tournage. D'après les anecdotes, il n y a pas eu de problèmes d'égo entre les deux acteurs, GABIN se montrant au final flatté de pouvoir se frotter à une telle star de 30 ans sa cadette. A priori intimidée de se retrouver avec une légende du cinéma français, GABIN c'est autre chose que Richard MARQUAND ou Louis JOURDAN, Brigitte BARDOT va bafouiller son texte dans les premières scènes, mais GABIN fera de même pour la mettre à l'aise, sacré Jean ! Des belles actrices, GABIN en a rencontré quelques unes et a même vécu avec la plus belle, alors il est très à l'aise et compose son personnage avec sa perfection habituelle. Bien loin de ses rôles de prolos, il incarne de nouveau un notable, un des avocats les plus réputés du barreau dont la vie privée est  bouleversée par l'irruption d'une jeune gouape.

     

    Cette jeune gouape, Yvette, c'est Brigitte BARDOT bien sûr. Au comble de blonde beauté elle va attirer Gobillot dans sa toile. Et pourtant, la pauvre, n'est pas très futée. Avec sa meilleure amie elle réalise un casse minable où sa copine se fait embarquer. Sans argent, elle se rend dans l'appartement ultra bourgeois de Gobillot et tente d'obtenir son aide. Mais c'est une jeune prolo qui vit dans une chambre de bonne minable dans les quartiers ouvriers. Elle n'a que son beau cul à vendre et elle n'hésite pas à faire étalage de la marchandise devant le chaland. De Gobillot on pourrait attendre qu'il soit offusqué, et sa première réaction, morne et calme laisse croire qu'il en a vu d'autre et que cette vieille baderne ne se laissera pas manœuvrer aussi facilement. Mais que nenni, la belle a fracassé l'armure du vieil avocat et pas que l'armure. Le démon de midi semble s'être emparé de Gobillot qui commet l'irréparable. Il humilie le couple de commerçants au tribunal qui repart la queue entre les jambes. Gobillot le sait il a trompé la justice pour les beaux yeux d' Yvette. Une qui n'est pas dupe, c'est sa bourgeoise. Viviane qui pète dans la soie grâce à son mari, semble s'amuser de la situation. Elle asticote son mari sur le sujet. Les deux le prennent à la blague, Gobillot rassurant sa femme. Elle n'est pas inquiète en surface mais elle n'est pas née de la dernière pluie, elle est bien conservée mais c'est une vieille peau face à l'éclatante beauté d'Yvette.  Fatalement Gobillot succombe à la chair tendre d' Yvette et celle-ci devient sa maîtresse. Fini la chambre de prolo elle logera bientôt dans un bel appartement aux frais de la princesse. Mais le grain de sable vient du fait qu' Yvette a un Jules. Mazetti est un manœuvre à l'usine qui est aussi en deuxième année de médecine. Mazetti est  ouvrier prolo qui rêve d'accéder au grade de médecin alors qu'il en est si loin. Mais cette courte carrière d'étudiant est suffisant pour qu'Yvette s'entiche de lui, et puis il a une belle gueule. Mazetti n'approuve pas la combine d'Yvette mais se contente de faire cocu le vieux Gobillot. Celui-ci est un peu jaloux, mais sa puissance financière devra faire plier Yvette, et il lui achète appartement, fourrures, petit chien, elle devient la bourgeoise cachée de Gobillot et en fait même profiter sa meilleure amie. Viviane, qui a espéré à un coup d'une semaine, un démon de midi temporaire, doit se rendre à l'évidence, elle est non seulement cocue, mais elle redoute le pire: un divorce honteux. Elle n'est plus jeune et l'inéluctable la guette. Elle attend la fin. Edwige FEUILLERE est à ce titre remarquable en bourgeoise cocue, mais superbe de dignité.  Yvette ne sait pas à quel saint se vouer. Le confort du père Gobillot où la passion sexuelle avec Mazetti. Les deux coqs se rencontrent. Pour Mazetti, c'est lui le gagnant, car implicitement il invoque qu'il donne du plaisir à Yvette et que celle-ci n'est avec Gobillot pour le pigeonner. Pour Gobillot sa puissance financière et son carnet d'adresse ruineront la carrière du jeune coq.  Alors que Gobillot met les bouchées doubles (financièrement parlant) pour retenir définitivement Yvette, celle-ci ne peut s'empêcher de retrouver une dernière fois son amant dans un hôtel borgne. La police qui est au service de Gobillot l'avertit: elle a été sauvagement assassinée par son amant. Gobillot retrouve le corps ensanglanté de sa belle avant d'être trimbalée par les brancardiers... Brisé et désespéré il s'enfonce dans la nuit et retourne chez lui.     

     

     Claude Autant-Lara signe un nouveau chef d'œuvre après "La traversée de Paris". Il rend hommage à Georges SIMENON dans la description des différents niveaux sociétaux que ce soit la bourgeoisie ou le prolétariat. Au final le film est très moral ces deux strates sont rarement compatibles entre elles. C'est une histoire banale dans le fond, où un vieux bourgeois succombe à la chair fraîche et décide de se séparer de sa femme, celle qui a vieilli. A l'instar de "La traversée de Paris" le réalisateur scrute aussi les petites gens, les petits commerçants avec tous leurs défauts. Evidemment il fallait des acteurs hors normes pour conter cette histoire banale, et le couple GABIN / BARDOT fonctionne à merveille. Décidément GABIN est un spécialistes des adaptations de SIMENON à croire que les romans de l'écrivain ont été taillé pour lui. A la fois rassurant et diablement faible face à la chair il incarne parfaitement ce bourgeois tiraillé par le désir et prêt à toutes les bassesses pour atteindre son objectif. Brigitte BARDOT n'a jamais été aussi attirante, désirable, innocente et pourtant si perverse, jouant parfaitement de son physique hors du commun, assumant la tentation qu'elle suscite chez les hommes, finalement une arme redoutable quant on ne possède pas de lettres, ni de compétence particulière, une louve dans un monde de loups. BARDOT prouve qu'elle a la carrure pour assumer les rôles ambigus et troubles tout en assumant son statut de sex symbol mondial. Cette rencontre historique ne doit pas faire oublier la grande prestation d' Edwige FEUILLERE parfaite en femme bafouée, mais qui doit en surface ravaler sa fierté, sa tristesse pour garder la tête haute et sauver les apparences.

     

    Ce grand film rencontre évidemment un succès immédiat en remplissant ses deux salles d'exclusivité. Alors que le film est réservé à un public averti, il dépasse allègrement  les 3 millions de spectateurs France et le million de spectateurs Paris Banlieue. Un succès habituel pour GABIN, mais très important pour BARDOT qui prouve qu'elle peut assumer des rôles plus forts que ses comédies habituelles. La Bardomania n'est toujours pas prêt de s'arrêter.  

    CATEGORIE RANG NOMBRE
    ENTREES FRANCE   3 152 082
    ENTREES PARIS   777 272
    Exclusivité Paris   282 944
    1ère semaine 3 43440 
    2ème semaine 4 40 052
    3ème semaine 4 36 679
    4ème semaine 6 32 576
    5ème semaine 5 27 081
    6ème semaine 9 23 497
    Nombre de semaines Paris   13
    Moyenne salles Paris 1ère sem   21 270
    Budget    
    Cote du succès   * * * *

     

    BANDE ANNONCE " EN CAS DE MALHEUR"

     

    SCENE CENSUREE ENTRE BRIGITTE BARDOT ET JEAN GABIN

     

     

     BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

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    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

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    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

    BRIGITTE BARDOT - JEAN GABIN - EN CAS DE MALHEUR - 1958

     

     

    AFFICHE SUEDE

     

    EN CAS DE MALHEUR - BOX OFFICE BRIGITTE BARDOT 1958

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    jerome
    Mercredi 29 Mai 2013 à 05:16
    jerome
    Rien à dire, le film est une réussite. Tout comme le duo improbable BB/Gabin. Le public s'y est rué. 50 ans après, le film a tout de même vieilli, mais la critique de la bourgeoisie par Autan Lara garde toute sa férocité...là encore, il faut voir la version non censurée: on entrevoit les fesses de BB quand elle soulève sa jupe...chaud!
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