• DOCTEUR JIVAGO - OMAR SHARIF BOX OFFICE 1966

     

     

    LE DOCTEUR JIVAGO

    (Doctor Zhivago)

    30 SEPTEMBRE 1966

     

     

    DOCTEUR JIVAGO - OMAR SHARIF BOX OFFICE 1966

     

     

    Orphelin, Youri Jivago (Omar Sharif) a été adopté par la famille Gromeko (Siobhan McKenna) et (Ralph Richardson). Devenu médecin et époux de Tonya (Geraldine Chaplin), la fille de ses parents adoptifs, Youri rencontre Lara (Julie Christie), jeune femme tiraillée entre son ami Pasha (Tom Courtenay) , révolutionnaire idéaliste et l'amant de sa mère, le brutal Komarovsky (Rod Steiger). Ce dernier violente Lara lorsqu'elle décide d'épouser Pasha : au cours d'une réception, Lara tire sur son agresseur, le manque et échappe à la police grâce à Pasha. La guerre de 14-18 fait rage. Sur le front, Jivago, retrouve Lara, infirmière, à la recherche de Pasha disparu. De retour auprès des siens à Moscou, où la révolution bolchevique a éclaté, Jivago, dont les poèmes publiés naguère ont déplu au nouveau pouvoir, prépare son exil. En route, il est arrêté par un général qui, sous le nom de Strelnikov, fait régner la terreur, c'est en réalité Pasha, qui le reconnaît et le relâche. Avec Tonia, son fils et son beau-père, Jivago s'installe dans un village de l'Oural. La vie s'y écoule paisible jusqu'au jour où Yuri retrouve Lara dans une bourgade voisine et devient son amant. Enrôlé de force comme médecin, par des partisans, Jivago est séparé de sa famille et de Lara. Libéré, il apprend que Tonya est repartie à Moscou, alors il va partager sa vie avec Lara. Komarovsky réapparaît et apprend à Lara que Pasha a été exécuté et que le nouveau pouvoir les recherche, elle et Jivago. Lara s'enfuit pour sauver l'enfant qu'elle attend. Quant à Jivago, il meurt d'une crise cardiaque, quelques années plus tard, en poursuivant dans les rues de Moscou une silhouette qui ressemble à Lara. C'est en lui racontant cette tragique histoire que Yevgraf (Alec Guinness), demi frère de Jivago, a révélé à une jeune fille abandonnée qu'elle était l'enfant de Youri et de Lara. 

     

    • Titre original : Doctor Zhivago
    • Titre : Le Docteur Jivago
    • Réalisation : David Lean
    • Réalisation (seconde équipe) : Roy Rossotti
    • Scénario : Robert Bolt, d'après le roman Le Docteur Jivago de Boris Pasternak
    • Direction artistique : John Box, Terence Marsh
    • Costumes : Phyllis Dalton
    • Décors : Dario Simoni
    • Photographie : Frederick A. Young et Nicolas Roeg
    • Photographie (seconde équipe) : Manuel Berenguer, Desmond Dickinson
    • Cadreurs : Ernest Day et Alex Thomson (non crédité)
    • Montage : Norman Savage
    • Musique : Maurice Jarre
    • Production : David Lean, Carlo Ponti
    • Production déléguée : Arvid L. Griffen
    • Société de production : Drapeau : États-Unis Metro-Goldwyn-Mayer, Drapeau : Italie Carlo Ponti Cinematografica, Vaduz Sostar S.A.
    • Société de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer
    • Pays : Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau de l'Italie Italie
    • Genre : mélodrame historique
    • Durée : 197 minutes
    • Dates de sortie :
      • Drapeau des États-Unis États-Unis : 22 décembre 1965
      • Drapeau de la France France : 7 décembre 1966

     

    • Omar Sharif (VF : André Oumansky) : Docteur Youri Jivago
    • Julie Christie (VF : Nadine Alari) : Larissa Antipova ("Lara")
    • Geraldine Chaplin (VF : Michèle André) : Tonia Jivago
    • Rod Steiger (VF : André Valmy) : Victor Komarovsky
    • Alec Guinness (VF : Jacques Thébault) : Général Yevgraf Jivago (demi-frère)
    • Tom Courtenay (VF : Marc Cassot) : Pavel Antipov ("Pacha") / Strelnikov
    • Siobhan McKenna (VF : Micheline Dax) : Anna
    • Ralph Richardson (VF : Abel Jacquin) : Alexandre Gromeko
    • Rita Tushingham (VF : Arlette Thomas) : Tanya Komarova
    • Klaus Kinski (VF : Jacques Thébault) : Kostoyed Amourski (l'anarchiste dans le train)

     

    SYNOPSIS

    Orphelin, Youri Jivago (Omar Sharif) a été adopté par la famille Gromeko (Siobhan McKenna) et (Ralph Richardson). Devenu médecin et époux de Tonya (Geraldine Chaplin), la fille de ses parents adoptifs, Youri rencontre Lara (Julie Christie), jeune femme tiraillée entre son ami Pasha (Tom Courtenay) , révolutionnaire idéaliste et l'amant de sa mère, le brutal Komarovsky (Rod Steiger). Ce dernier violente Lara lorsqu'elle décide d'épouser Pasha : au cours d'une réception, Lara tire sur son agresseur, le manque et échappe à la police grâce à Pasha. La guerre de 14-18 fait rage. Sur le front, Jivago, retrouve Lara, infirmière, à la recherche de Pasha disparu. De retour auprès des siens à Moscou, où la révolution bolchevique a éclaté, Jivago, dont les poèmes publiés naguère ont déplu au nouveau pouvoir, prépare son exil. En route, il est arrêté par un général qui, sous le nom de Strelnikov, fait régner la terreur, c'est en réalité Pasha, qui le reconnaît et le relâche. Avec Tonia, son fils et son beau-père, Jivago s'installe dans un village de l'Oural. La vie s'y écoule paisible jusqu'au jour où Yuri retrouve Lara dans une bourgade voisine et devient son amant. Enrôlé de force comme médecin, par des partisans, Jivago est séparé de sa famille et de Lara. Libéré, il apprend que Tonya est repartie à Moscou, alors il va partager sa vie avec Lara. Komarovsky réapparaît et apprend à Lara que Pasha a été exécuté et que le nouveau pouvoir les recherche, elle et Jivago. Lara s'enfuit pour sauver l'enfant qu'elle attend. Quant à Jivago, il meurt d'une crise cardiaque, quelques années plus tard, en poursuivant dans les rues de Moscou une silhouette qui ressemble à Lara. C'est en lui racontant cette tragique histoire que Yevgraf (Alec Guinness), demi frère de Jivago, a révélé à une jeune fille abandonnée qu'elle était l'enfant de Youri et de Lara. 

     

    ANALYSE

     

    Avec "Lawrence d'Arabie" David Lean a obtenu 7 nouveaux Oscars qui s'ajoutent au 7 obtenus pour "Le pont de la rivière kwaï". Une performance inédite qui pose le réalisateur comme une sorte mythe et l'oblige dans un certain sens, à l'instar d'un Cecil B. De Mille, à produire des films à succès. C'est certainement une pression pour lui mais il n'a pas trop à gamberger car le producteur Carlo Ponti veut produire  son prochain film. C'est un des plus grand producteur au Monde et David Lean accepte d'autant plus qu'il a du ressentiment envers Sam Spiegel qui tarde à lui verser ses royalties et qui s'accapare une grande partie de la gloire au sujet de "Lawrence d'Arabie". Carlo Ponti qui a une filmographie longue comme le bras et une puissance financière indéniable va blinder le contrat de David Lean, si son prochain film marche lui rapportera de l'argent en conséquence ce qui est juste normal. Ce sera la M.G.M qui distribuera le film.

    Comme  souvent les grosses productions hollywoodiennes sont des adaptations de livres à succès. David Lean est comme tout le monde il cherche le meilleur sujet dans les livres (à l'instar d'un Stanley Kubrick par exemple). Son choix se porte sur "Doctor Zhivago" de Boris Pasternak livre polémique qui a obtenu un beau succès en 1958 et quelques récompenses dont le fameux Prix Nobel de littérature. Le fidèle compère du réalisateur, Robert Bolt lit le livre et annonce que l'adaptation sera ardue, ce sera comme démêler des toiles d'araignée. Lean officialise son choix et Carlo Ponti achète les droits du livre. Après deux films où la gente féminine y est totalement absente, l'histoire sera essentiellement romantique. David Lean  embauche son équipe technique habituelle, celle qui a travaillé sur ses deux films précédents dont sa styliste Phyllis Dalton mais aussi son directeur artistique John Box et Maurice Jarre pour composer la musique et une pléthore de techniciens dont le futur réalisateur anglais Nicholas Roeg qui va bien souffrir pour régler la lumière. 

    Le repérage est crucial pour ce film qui se déroule en Russie. Malheureusement ils n'obtiennent pas d'autorisation de la part de l'Union Soviétique pour tourner sur place ce qui n'est guère surprenant. Lean et Bolt parcourent la moitié de la planète et étrangement choisissent l'Espagne comme principal lieu de tournage et la Finlande pour les parties où la neige est vraiment indispensable. C'est là où John Box entre en scène et va superviser la construction d'un décor monumental. Il faut dire que Carlo Ponti met un budget imposant  sur la table. En juin 1964 la production débute et 800 personnes vont travailler durant 18 mois afin d'ériger deux grande rues ainsi que les boutiques complètes y afférentes ainsi qu'un Palais des glaces le tout proche de Madrid. Des stratagèmes seront mis en place pour créer de la fausse neige ou de la glace dans le palais, beaucoup de sites reprennent les mêmes anecdotes.

    Le tournage peut débuter début 1965 pour une sortie prévue en mars 1966. 

    Reste le casting. Alec Guinness l'acteur fétiche de Lean est naturellement choisi pour le rôle de l'austère Général Yevgraf Jivago. Encore un second rôle mais il est important étant donné que c'est son personnage qui présente l'intrigue au début du film et qui sera la voix off du récit. 

    Concernant le rôle de Youri la légende veut que Peter O'Toole a refusé le rôle parce qu'il ne s'entendait pas avec David Lean. Pour ma part de ce que j'ai lu en fouillant des livres sur le sujet que Peter O'Toole appréciait David Lean et qu'il n'était tout simplement pas disponible. En effet depuis la fin du tournage de "Lawrence d'Arabie" l'acteur est dans sa plus belle période cinématographique car il tourne à la suite "Becket" un film qui lui tient à coeur, "Lord Jim" est un beau film d'aventure et aussi "Comment voler un million de dollars" de William Wyler qui sortira a peu près en même temps que "Le docteur Jivago". D'autres pistes sont évoquées et lorsque Omar Sharif sollicite un rôle dans le film, il a la bonne surprise de ce voir choisi par Lean pour le rôle titre. Je ne ferai pas l'insulte de rappeler qu'Omar Sharif était le troisième rôle derrière Peter O'Toole et Anthony Quinn dans "Lawrence d'Arabie". Bien sûr il n'aura échappé à personne que Sharif est égyptien et que Jivago est Russe. Comme le racontait Omar Sharif lui même, Hollywood dans les années 50 et 60 ne s'embarrassait pas de ces détails. On se souviendra que John Wayne a interprété Genghis Khan dans "Le conquérant" et que Marlon Brando jouait un japonais dans "La petite maison de thé" sans que cela n'étonne personne. Omar Sharif a joué lui même "Genghis Khan" et a figuré dans "Marco Polo" (avec Anthony Quinn) où la distribution était très cosmopolite. Il suffit donc de lisser les cheveux de l'acteur et de lui brider les yeux et le tour est joué.

    Etant donné qu'il est nécessaire d'avoir une star américaine, Rod Steiger est choisi pour le rôle de Victor Komarovsky. Personnellement j'ai rarement apprécié Rod Steiger acteur au physique lambda sans véritable charisme qui a pourtant été exceptionnel en rôle de flic pécore dans "La chaleur de la nuit". Nous sommes à mille lieux de la performance de l'immense Anthony Quinn dans "Lawrence d'Arabie". Steiger passé par l'actor's studio va vite se révéler insupportable sur le plateau agaçant prodigieusement Lean. Tous les récits relatent que Carlo Ponti désirait que sa femme Sophia Loren obtienne le rôle. Précisons pour la petite histoire que Carlo Ponti était bigame une situation compliquée en Italie où le divorce devait être validé par l'Eglise. David Lean obtint d'embaucher une autre actrice, ce qui à priori n'a pas plus affolé Ponti que cela. Après tout Sophia Loren était l'actrice la plus connue du Monde et n'avait aucune difficulté pour enchainer les tournages comme "Judith" "La comtesse de Hong Kong" ou "Lady L". Elle tournera d'ailleurs avec Omar Sharif "La Belle et le cavalier" juste après le tournage de "Docteur Jivago". C'est donc à l'inconnu Julie Christie qu'échoit le rôle de Lara. Si cette anglaise (et indienne) est inconnue au cinéma elle est cependant remarquée comme mannequin à Londres où sa beauté rayonne. Elle possède des yeux superbes et un sourire diabolique souligné par des lèvres naturellement charnues et le blond lui va à ravir. Même si son personnage est également austère il n'en demeure pas moins que Lean soulignera son regard par un éclairage digne des plus beaux westerns de Sergio Leone.  Rod Steiger aura un comportement avec elle qu'on pourrait qualifier aujourd'hui de harcèlement sexuel .

    Autre débutante sur l'écran l'américaine Géraldine Chaplin fille du célébrissime Charlie Chaplin (qui était anglais) qui devra se frotter à un David Lean des plus exigeants. Elle interprète le rôle de la discrète et effacée femme de Youri. Il y a pire pour débuter. Notons la présence dans un troisième rôle de l'angélique Klaus Kinski et nous avons un casting qui tient la route.

    Malgré le gigantisme de la production le tournage se passe sans encombre. David Lean est réputé pour être très proche de l'équipe technique, il a débuté sa carrière comme technicien et fut même reconnu comme le plus grand monteur de film d'Angleterre à la fin des années 30 c'est pour cela que  Omar Sharif qui transpire à grosses gouttes sous le soleil espagnol s'inquiète de ne pas avoir s'il est bon ou pas. David Lean est un directeur d'acteurs assez sévère et est avare d'encouragements. Omar Sharif interroge Lean qui lui déclare qu'il devait être plus intelligent que cela, qu'il devait jouer naturellement et qu'il savait très bien lui même comment il devait jouer et que de toute manière il était excellent. Nicolas Roeg a raconté combien il fut frustré sur le tournage. Anticipant l'éclairage nécessaire à certaines scènes il se fit remonter par Lean qui désirait exactement l'effet inverse. Sur une scène de désolation jonchée de cadavres, Roeg avait mis en place une lumière sombre alors que Lean désirait au contraire une belle lumière. Bref, difficile de suivre le maestro qui savait ce qu'il voulait. 

    Le tournage se termine en octobre 1965 et encore une fois David Lean sera pressé par le temps car la sortie américaine du film est prévue pour le 22 décembre 1965 afin de pouvoir concourir aux Oscars. Si Norman Savage est crédité au montage c'est bien David Lean qui a le final cut et il ne laisse à personne le soin de décider du montage du film.

    La nuit succédant la première du film le 21 décembre 1965 à New York, Omar Sharif retrouve un David Lean abattu au Club 21 un club de Broadway. Les réactions sont négatives le film est long et ennuyeux et la presse ne l'aime pas. David Lean déclare à Sharif "Omar, je le sais, j'ai mal monté le film". Alors que le film est déjà diffusé dans des salles prestigieuses pour noël David Lean retourne à la table de montage et le remonte, il sera un peu plus court et un peu plus rythmé. Petit à petit il procède au remplacement des copies existantes. Cela implique que les premiers spectateurs du film aux USA on découvert une version du film qui n'existe plus aujourd'hui. Carlo Ponti et David Lean ont toujours soupçonné Sam Spiegel d'avoir sali la réputation du film alors que lui même va connaitre un semi échec avec "La poursuite impitoyable". Sam Spiegel argumente que si "Docteur Jivago" est mauvais c'est parce qu'il n'a pas produit le film et qu'il portait à bout de bras les films de David Lean. Afin de contrer les avis négatifs Bob O'Brien le patron de la MGM va injecter un millions de dollars supplémentaires dans de la publicité. Et cela fonctionne, le public plébiscite le film qui obtient les Golden Globe 1966 du meilleur réalisateur, du meilleur scénariste et du meilleur acteur. Il n'en est pas de même pour les Oscars où il est en concurrence avec "La mélodie du bonheur" sirop musical qui a connu un succès atomique aux USA et qui obtient donc les deux principales récompenses soit le meilleur film et le meilleur réalisateur (pour Robert Wise). "Le Docteur Jivago" obtient cependant 5 Oscars dont le meilleur scénario pour Robert Bolt et la meilleure musique pour l'épouvantable scie de Maurice Jarre. Le comble revient à Julie Christie qui obtient l'Oscar de la meilleur actrice pour le film "Darling". Omar Sharif n'est même pas nommé confirmant ses doutes sur le tournage.

    C'est donc la version définitive qui est projetée à Londres en très grande pompe au cinéma Empire après une campagne de marketing colossale. Le film est très bien reçu et s'annonce comme l'évènement de l'année. 

    Le film est projeté au festival Cannes 1966 où il est en compétition avec quelques beaux films mais à la surprise générale c'est "Un homme et une femme" de l'inconnu Claude Lelouch qui remporte la Palme d'Or. Cependant le festival lance la carrière du film en Europe et en France si besoin était.

    "Docteur Jivago" est aujourd'hui un film qui suscite des avis contrastés. Il est l'opposé de "Lawrence d'Arabie" qui est un film guerrier, exalté, flamboyant et bénéficiant de sublimes décors et paysages naturels. "Docteur Jivago" est romantique, froid et tourné en studios aussi coûteux soient-ils. Les personnages sont austères alors que dans "Lawrence d'Arabie" Anthony Quinn est un brigand magnifique tandis que Rod Steiger dans "Docteur Jivago" est bien plus académique. On ne peut pas dire que la rencontre entre Lara ouvrière sur son barrage soviétique et Alec Guinness soit des plus passionnantes et accumule les poncifs sur la vision du Monde occidental envers le régime Soviétique. Les acteurs sont parfois un peu figés même si Omar Sharif est très beau et s'implique beaucoup. Il deviendra la référence de la beauté masculine à l'issue du film. Il reste cependant de beaux moments dus à la "David Lean's touch" dans ce film osons le dire, parfois un peu ennuyeux. Il reste l’arrivée du train en gare de Moscou, la chevauchée sur lac gelé, la datcha congelée, les 7000 et la fameuse scène finale des retrouvailles ratées entre Omar Sharif et Julie Christie et bien sûr la célèbre musique de Maurice Jarre, magnifique ou insupportable, c'est selon les avis. "La chanson de Lara" c'est quand même une sacrée scie. "Le docteur Jivago" signe la fin d'une époque, celle des films longs et boursouflés, d'immenses pièces montées à grand spectacle qui commencent à susciter la lassitude du public qui ne veut peut être plus passer 4 heures dans une salle, on le constate avec "La chute de l'Empire romain", "Guerre et paix" version soviétique. Bientôt les succès de films tels "Le lauréat", "Bonnie et Clyde", "2001 l'odyssée de l'espace" "Easy rider" ou "La horde sauvage" vont marquer un nouveau ton dans le cinéma Hollywoodien. Au début des années 80 Warren Beatty tente de raviver la flamme avec "Reds" épopée tournée également en Finlande couronnée d'un succès d'estime hors des USA et "La porte du Paradis" terrible flop de Michael Cimino qui coule le studio United Artists. Il faudra attendre 1997 pour que James Cameron trouve un succès comparable au "Docteur Jivago" que ce soit avec le ton, le budget du film et la reconstitution minutieuse du navire et dans l'ampleur du succès et la renommée de ses deux acteurs principaux .  

    Si il reste un film qui suscite des avis partagés "Docteur Jivago" est toujours un film qui vaut le coup même s'il faut parfois être accompagné d'une bonne tasse de café rien que pour ses qualités esthétiques. Il a rendu David Lean et Maurice Jarre riches et Omar Sharif célèbre et révélé Julie Christie. C'est aussi le pic de la carrière de David Lean qui ne se remettra pas vraiment de la réputation dont il bénéficiera alors. Il ressentira de la pression en réalisant son film suivant "La fille de Ryan"en 1970 et subissant le syndrome "Stanley Kubrick" il lui faudra encore 14 ans pour qu'il réalise son dernier film "La route des Indes". Entre les deux Lean préparera un biopic sur "Gandhi" mais il abandonne le sujet et accepte que Richard Attenborough le récupère. Quand on demandera à ce dernier quelle est la différence entre son film et celui qu'aurait pu faire David Lean il dira "Moi je l'ai terminé". La dernière femme de Lean décrivait ce dernier affecté par le fait qu'on lui a reproche que "Lawrence d'Arabie" était moins bon que "Le pont de la rivière Kwaï" et que "Le Dr Jivago" était moins bons que "Lawrence d'Arabie" et que "La fille de Ryan" n'avait pas le niveau de "Jivago". Reprenant confiance après le relatif succès commercial mais bon succès critique de "La Route des Indes" il travaillera sur l'adaptation du "Nostromo" de Joseph Conrad mais peinera pour trouver un budget de 50 millions de dollars à la fin des années 80 et convaincre qu'il pouvait encore tourner a plus de 80 ans.

     

    BOX OFFICE - Avec Laurent Aumaitre

     

    USA-  Le film sort le 22 décembre 1965 au Capitol à Broadway alors que "La mélodie du bonheur" est un succès phénoménal qui a dominé le box office hebdomadaire durant près de 40 semaines. Qui plus décembre 1965 est également la date de sortie de "Opération Tonnerre" un James Bond qui remplit copieusement les salles. la concurrence est sévère et il faudra attendre la 7ème semaine d'exploitation pour voir apparaitre "Docteur Jivago" dans le top 10 hebdomadaire des villes clé du magazine Variety et encore la 15ème semaine en avril 1966 pour que le film parvienne à prendre la première place du top à l'inamovible "Mélodie du bonheur". Durant 10 semaines les deux films vont s'alterner à la tête du box office hebdo. S'il perd définitivement la tête du box office hebdo face à son principal concurrent il ne reste pas moins positionné dans le top 10 hebdomadaire et reprend même la tête du box office hebdomadaire en février 1967 en 58ème semaine d'exploitation. Il sort du top en 60ème semaine. A Broadway il aura rapporté 2 181 586 dollars en 57 semaines au 31 mai 1967 devant des films comme "La Bible" ou "Comment voler un million de dollars".

    Le succès est tel, qu’alors que le film est toujours en exploitation dans le pays, il sera repris par les salles d’exclusivité de 1968 à 1972 non-stop, puis en 1974. Ce phénomène n’était pas arrivé depuis « Autant en emporte le vent ». Après 4 ans d’exploitation, le film avait rapporté $38 243 000 de recette distributeur au 7 janvier 1970. C'était la moitié des recettes de "La mélodie du bonheur" mais le double que ce que rapportera "2001 l'Odyssée de l'espace" autre succès de la MGM. Il en rapportera $3 249 000 supplémentaire l’année suivante. En 1988, il avait rapporté $47 116 811 net à la MGM cumulés soit trois fois son budget rien qu'aux USA c'est dire que pour le reste du Monde ce ne sera que du juteux bénéfices.

     FRANCE- Après une grande campagne de promotion le film sort à Paris au Marignan et au Richelieu où il attire pas moins de 30 650 spectateurs pour sa première semaine. Le tarif est majoré (12 a 15 francs contre 10 francs pour une exclusivité "normale"). En 4 semaines il y attire 125 990 spectateurs. Il faudra attendre le 16 novembre pour que le film soit diffusé sur 4 copies en France. Il faudra attendre le 21 décembre 1966 pour que le film soit diffusé dans 19 salles en France où il attire 111 199 entrées ( cumul 562 218 entrées) et figure à la 5ème place du top France pendant que "La Grande vadrouille" concasse le box office ( mais sur 95 salles). Le film monte à la 4ème place du top hebdomadaire français début janvier 1967.La semaine du 15 mars 1967 il grimpe à la 3ème place du top hebdomadaire et passe le cap des 1.5 millions de spectateurs en 23ème semaine. En 52ème semaine il est toujours top 9 du box office hebdomadaire français et cumule 2 715 000 spectateurs. Au 31 décembre 1967 il est toujours présent dans le top 30 français en 66ème semaine et cumule 3 350 000 spectateurs. Il sort du top 30 au bout de 79 semaines de présence et 3 800 000 spectateurs. Il est le 3ème succès de 1967 et le 10ème de 1968 et encore le 21ème succès de 1969. Après deux rééditions le film totalise 9 800 000 entrées en France ce qui le classe 32ème des films sortis en France depuis 1945. Malgré ce succès imposant le score français est sensiblement en dessous du score du "Pont de la Rivière Kwaï" qui est le plus grand succès de David Lean. Dans d'autres pays européens le succès sera encore bien plus imposant.      

     

    BELGIQUE - Il faut attendre le 8 décembre 1966 pour que le film soit diffusé dans 2 salles d'exclusivité de Bruxelles : la Scala et le Vendôme. Il prend facilement la tête avec 927 000 francs belges de recettes soit environ 17 000 entrées. La semaine suivante il conserve la première place avec 993 000 francs avant de la laisser à "La grande vadrouille" qui explose le box office. Néanmoins "Docteur Jivago" est le gros succès des fêtes de fin d'année avec "La Grande vadrouille" avec 4 107 000 francs belges en 4 semaines. Le film restera 10 dans le trio de tête des exclusivités bruxelloises ce qui est une longévité remarquable et qui représente 8 734 000 francs de recettes (environ 150 000 entrées). Au bout de 29 semaines de présence le film a rapporté 12 425 000 francs (environ 250 000 spectateurs) un magnifique résultat qui le place second de la saison 1966/1967 derrière "la grande vadrouille".       

     

    ESPAGNE : Sorti le 17 octobre 1966 le film est la meilleure recette pour la période du 1er janvier 1965 au 29 juin 1968 avec 146 904 094 pesetas devant le film mexicain "El pedrecito" avec 99 118 000 pesetas, c'est trois fois la recette de "Goldfinger".  Le succès est colossal avec 6 083 717 entrées en première exploitation pour un cumul de 7 258 028 entrées cumulées à ce jour c'est toujours un des plus grands succès de l'histoire en Espagne.

     JAPON : Succès plus modéré avec 169 000 000 de yens de recettes distributeur pour son exclusivité tokyoïte. Soit le 9ème film étranger de l’année. Insuffisant pour être dans le top 20 annuel.

    ALLEMAGNE :  Plus gros succès de l’année 1966, le film avait rapporté 39 millions de Marks au 3 mai 1972. Au total le film cumule 12 750 000 entrées.

    SUEDE : 2° plus gros succès de la saison 1966/67 avec plus d’un million de couronnes. Mais le film n’en finissait pas d’attirer les spectateurs et cumule 1 800 000 entrées à ce jour.

    ITALIE : Au 31 décembre 1966 il aura rapporté pas moins de 1 543 000 000 de lires devant "La Bible" avec 1.31 milliards de lires et "Le bon la brute et le truand" avec 816 millions de lires puis  2 539 865 000 lires dans les 16 villes clés entre 1966 et 1968, pour une recette nationale de 6 milliards de lires ! Le site italien box office Benful estime ses entrées à 22 900 000 ce qui en fait probablement le plus gros succès de l'histoire du cinéma en Italie !

    AUSTRALIE  : En 1981, le film était encore la 12° plus grosse recette distributeur de tous les temps avec 2 495 000 AUD. En 1991, alors que seul 100 films avaient dépassé les 2 millions AUD de recettes nettes, il était encore à la 67 place avec 2 660 654 AUD. En 2013 il cumulait une recette guichet de 7 602 000 AUD.

    GRANDE BRETAGNE :  1.5 millions d’entrées pour une recette de $2.4 millions en deux ans pour la seule salle de l’Empire à Londres (1330 places) ! Pour comparer, Dans cette même salle d’exclusivité, alors qu’elle avait encore une capacité de 3226 places, le précédent record était détenu par « Ben-Hur » qui avait fait 1 221 188 entrées en 76 semaines. Il a attiré 11.2 millions de spectateurs dans sa carrière ce qui le plaçait en 2004 à la 44ème place all-time.

    DANEMARK  179 502 entrées depuis 1976.

    SUISSE : 476 796 entrées cumulées en 1988, soit le 32ème all-time.

    AUTRICHE : 900 000 entrées à Vienne ( !)

    URUGUAY - A Montevideo le film a rapporte 3 577 400 pesos en 1967 et se classe second derrière " Un homme et une femme". 

    ARGENTINE - A Buenos Aires le film a rapporté 41 465 000 pesos ce qui a du le placer à la première place annuelle 1967. Au 17 juin 1967 il avait attiré 329 237 spectateurs en exclusivité.

     

    MONDE  : En 1970, le film avait rapporté $ 60 954 000 de recettes distributeurs. Il en cumule à ce jour $111 721 910 pour une recette guichet totale de $250 453 401. C’est indiscutablement l’un des plus gros succès de l’histoire du cinéma. Probablement dans le top 10 all-time.

     

    CATÉGORIE RANG ENTRÉES SALLES
    TOTAL ENTRÉES FRANCE
     32 9 817 365
     
    ENTRÉES FRANCE 1966
     52 686 591
     
    ENTRÉES FRANCE  1967
     3 2 663 892
     
    ENTRÉES FRANCE 1968
     10 1 882 567
     
    ENTRÉES FRANCE 1969
     21 1 030 017
     
    ENTRÉES FRANCE 1970
      702 076
     
    ENTRÉES FRANCE 1973
      585 167
     
    ENTRÉES FRANCE 1978   498 447  
    ENTRÉES FRANCE 1983   386 849  
    ENTRÉES ANGLETERRE
      11 200 000
     
    ENTRÉES ITALIE   22 900 000
     
    BOX OFFICE ALLEMAGNE
      12 750 000
     
    BOX OFFICE ESPAGNE   7 258 028  
    BOX OFFICE USA 1967
      15 M$ net
     
    BOX OFFICE USA TOTAL   47.1 M$ net
     
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    LES NOTES DE ROBERT BOLT SUR LE LIVRE DR JIVAGO

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