• CALMOS - BOX OFFICE JEAN-PIERRE MARIELLE 1976

     

    CALMOS

     

    11 FEVRIER 1976

     

     

    CALMOS - BOX OFFICE JEAN-PIERRE MARIELLE 1976

     

     

     

    • Réalisation : Bertrand Blier
    • Scénario, Adaptation et Dialogue : Bertrand Blier et Philippe Dumarçay
    • Directeur photo : Claude Renoir
    • Musique : Georges Delerue
    • Production : Les Films Christian Fechner, Renn Production
    • Genre : Comédie
    • Pellicule 35mm, couleur par Eastmancolor
    • Durée : 107 min
    • Jean-Pierre Marielle : Paul Dufour
    • Jean Rochefort : Albert
    • Bernard Blier : l'abbé Émile
    • Brigitte Fossey : Suzanne Dufour
    • Claude Piéplu : un passant et le chef maquisard
    • Gérard Jugnot : le type frileux
    • Sylvie Joly : la médecin-chef
    • Dominique Lavanant : la femme myope
    • Claudine Beccarie : la patiente nue, dans le cabinet de Dufour
    • Pierre Bertin : le chanoine
    • Dora Doll : Simone, capitaine des soldates

     

    Harassé par le spectacle quotidien et inlassablement répété des atours intimes de ses clientes, le gynécologue Paul Dufour quitte tout, travail et famille, et part avec un ami de rencontre, Albert, dans un petit village paisible et serein, où il fait bon vivre en toute liberté, où seuls comptent le Beaujolais et la bonne chère. Devant l'arrivée impromptue des épouses, le curé du village, l'abbé Emile, les convainc toutefois de rejoindre leur foyer et d'assumer leur devoir conjugal. Les deux hommes s'enfuient et, faisant des adeptes, se retrouvent à la tête d'un long cortège masculin. Les trains s'arrêtent en pleine campagne, chauffeur et voyageurs mâles rejoignent leurs congénères au grand affolement des épouses éperdues, et tous prennent le maquis. Surgissent alors un char d'assaut, et un bataillon armé. En tenue militaire de combat, les femmes ont déclaré la guerre aux hommes, qu'elles traquent et dont elles abusent jusqu'à leur épuisement total. La capitaine Simone laisse une chance à Paul et Albert, mais, affamés, ceux-ci sont vite repris. Ils sont drogués, gavés d'hormones et, seuls hommes encore vaillants, servent d'étalons à une société devenue exclusivement féminine. Devant leur chambre-laboratoire, les files d'attente sont si importantes que le temps imparti pour chacune devient sévèrement réglementé. Atteints de sénilité précoce, usés au point d'être devenus miniaturisés, Paul et Albert s'égarent accidentellement dans l'organe génital d'une jeune mûlatre allongée sur une plage exotique. Ils y retrouvent l'abbé Emile qui, à leur grande stupeur, leur révèle la nature exacte du lieu. Sur la place, arrive l'amoureux de la jeune fille... 

     

     *****************************************

    La question est :

    Comment se remettre d'un énorme succès au box office ? Bertrand BLIER a connu avec "Les valseuses" non seulement un très large succès public mais aussi un succès critique. Mieux, il a fait entrer le cinéma français à l'âge adulte et fait exploser trois jeunes acteurs dans ce film qui est devenu un phénomène de société. Alors ?

    Certains réalisateurs ont disparu de peur de ne pouvoir assumer, d'autres ont connu un bide avec leur film suivant et certains comme Gérard OURY ont surfé avec succès sur leur propre recette.

    Bertrand BLIER ne semble pas subir de pression particulière et bénéficie de l'attention de Christian FECHNER qui espérant un succès de l'ampleur des "Valseuses" l'assure d'un budget confortable et surtout de la liberté de traiter à peu près n'importe quoi. Ca tombe bien.

    Avec son scénariste Philippe DUMARCAY ils partent s'isoler dans un chalet de montagne pour concocter un scénario et des dialogues pas piqué des hannetons. L'idée de base est venue en épluchant des oignons dixit Bertrand BLIER. La suite s'est écrite dans de grands éclats de rire et d'ailleurs l'auteur regrette de ne pas avoir pu utiliser le tiers du scénario. Cette fois, il donnera un rôle à son père, Bernard, qui avait regretté de ne pas avoir figuré au générique des "Valseuses". Pour les rôles principaux, le réalisateur rêve de tourner avec la génération précédent celle de DEWAERE et DEPARDIEU soit Jean-Pierre MARIELLE et Jean ROCHEFORT, les seuls capables de jouer cette farce truculente. Si le réalisateur est ravi de pouvoir compter sur de tels acteurs, le public lui les a déjà vu dans "Que la fête commence" en 1975.

    Ayant découvert le film à la télévision au début des années 80, j'avais été frappé par le début du film. Paul, gynécologue, en a marre. Dans son cabinet, il contemple avec dégoût l'entrecuisse de sa patiente nue en position d'examen, les pieds sur les étriers. Il mange de la charcuterie et manque de dégobiller. Le plan est cru, direct. Nudité totale, ce qui est fort et innovant. Le ton du film est donné, et cela ne va pas débander si j'ose dire. Paul dans la rue engueule une femme qui lui demande son chemin. Celle ci se retourne vers Albert pour obtenir son témoignage mais ce dernier surenchéri. Deux potes se sont trouvés. les deux acteurs sont au meilleur de leur talent.

    Les deux nouveaux amis se cassent à la campagne se goinfrer de bonne chair. C'est un peu "La grande bouffe" et les deux potes dégustent des spécialités campagnardes entre homme, à la fraîche, "heureux du gland" comme dirait DEPARDIEU dans "Les valseuses". Albert fait encore d'horribles cauchemars : sa femme le recherche pour faire "la chose". Il est  consolé et rassuré par Paul.

    Ils sont bientôt rejoints par l'Abbé Emile, un bon vivant joué avec outrance par Bernard BLIER. Rougeaud au bort de l'apoplexie il n'est pas le dernier à lever le coude où à se régaler de toasts de foie gras. Rejoints par l'Evêque, le petit groupe s'en donne à cœur joie. Cette bonne ambiance est un peu mise à mal par un fait terrible : le jeune enfant de chœur qui accompagne l'Abbé est pris la main dans le slip d'une jolie villageoise jouée par la charmante Valérie MAIRESSE. Cet acte terrible est condamné ! Le groupe sermonne durement le jeune homme qui s'excuse.

    Pour leur malheur, les femmes des deux amis ont retrouvé leur piste et ramènent leur fraise. Retour au bercail pour passer à la casserole. Pourtant pas de quoi pleurer sur leur sort. La femme de Paul n'est autre que la jolie Brigitte FOSSEY qui se montre assez dénudée. Et pourtant, Paul n'y arrive pas et s'échappe par la fenêtre de son établissement. Ils prend le maquis avec Albert. Fait incroyable des centaines, puis des milliers d'hommes se joignent à eux.

    C'est la guerre ! Et les femmes partent à la conquête des mâles. Tel Charlton HESTON dans "La planète des singes" nos deux héros sont poursuivis par des groupes de femmes militaires. Capturés, ils manquent de peu de passer à la casserole de femmes militaires en manque de sexe. Grâce à l'intervention de l'adjudant ils ont "le vit sauf" (il fallait la placer celle-là !). C'est l'extraordinaire Dora DOLL qui joue l'adjudante et qui emploie un langage à faire rougir un routier Polonais saoul de la veille...    

    La scène suivante fait penser à du Kubrick dans la froideur clinique de la chose. Bardés d'électrodes dans une sorte de "baisoir" à reproduction, nos deux amis sont dopés pour la circonstance, la verge exagérément dressée. Les femmes sont traitées comme des cochons dans un élevage industriel. Nues, elles se lavent, se désinfectent avant de passer au coït, à la chaîne. Dominique LAVANANT toujours partante pour jouer des rôles difficiles dans les films de Joël SERIA par exemple, n'hésite pas à se montrer entièrement nue, tous poils dehors pour monter un des reproducteurs. C'est vraiment une actrice qui n'avait pas froid aux yeux.

    Alors que le spectateur pense arrivé au bout de ses surprises, BLIER enfonce le clou. Nous retrouvons nos héros usés et vieillis prématurément, séniles, diminués... a l'aide de planeurs rudimentaires ils s'échappent vers des paradis déserts. Ils atterrissent dans une jungle fournie, qui s'avère être des poils pubiens géants. Les deux amis s'introduisent dans une sorte de caverne humide. Le spectateur ébahi ne peut que constater qu'il s'agit d'une vulve géante de femme (on imagine sans peine l'hilarité des décorateurs du film ). Dans le vagin, ils rencontrent l' Abbé Emile. Pendant ce temps, la femme dans laquelle ils se sont introduit reçoit un bel étalon pour un coït qui sera fatal à nos amis minuscules réfugiés dans le sexe de la femme ?

    Pour certains cette fin serait influencée par une des nouvelles de Charles BUCKOWSI  issue de "Contes de la folie ordinaire" (1972) où une femme un peu sorcière réduit son mari à une taille lilliputienne, sous couvert de régime alimentaire, et finit par contraindre celui-ci à ramoner son sexe. En tout cas le film est un peu dans la logique du cinéma des années 70 qui a proposé des œuvres fortes et dérangeantes comme "La grande bouffe" ou "Le dernier tango à Paris".

    Film OVNI par excellence, cette expérience va déranger les féministes de tous poils. et pourtant à bien regarder le film est totalement dénué d'érotisme bien au contraire. Privés de libido, l'acte sexuel est sale, clinique, sans passion. Le film est aussi féministe à mes yeux car les hommes sont lâches, faibles, fainéants et ce sont les femmes qui mènent le bal et qui désirent des rapports sexuels joyeux et musclés.

    Personnellement je pense que le film est un total chef d'œuvre décomplexé. Je le trouve supérieur aux "Valseuses" un peu comme je trouve que "Les barbouzes" est meilleur que "Les tontons flingueurs". BLIER propose un film vraiment original et va au fond de son projet.

    En tout cas pour la réponse de la question initiale, la réponse est : "très mal".

    Les acteurs sont parfaits encore une fois, et le couple MARIELLE / ROCHEFORT  fait passer la pilule avec leur brio habituel. Ils sont bien accompagnés par des seconds rôles puissants comme Bernard BLIER et Claude PIEPLU. Mention très bien à Dora DOLL !

    Le film sort à Paris alors que "Les dents de la mer" ravage le box office. Il se classe deuxième avec un très bon score pour un film interdit aux moins de 18 ans. Le public l'accueille donc favorablement, mais le bouche à oreille va s'avérer désastreux et le film s'écroule rapidement. Le public de province n'adhère pas et le film finit à un modeste score de 739 000 spectateurs, un résultats bien sûr insuffisant pour Christian FECHNER. C'est un échec financier, mais pas artistique. Cependant Bertrand BLIER va revenir à des valeurs sûres pour son film suivant en reprenant Patrick DEWAERE et Gérard DEPARDIEU pour un film "plus sage" : "Préparez vos mouchoirs".

    On pourra contre argumenter également que plus de 700 000 entrées pour un film totalement déjanté n'est pas si mal.

    "Calmos" reste à redécouvrir pour ce qu'il est : un hallucinant film démesuré et plein d'audace comme on en fait plus.

     

     

     

      COTE DU FILM : 9/10

     

     

     

    CATEGORIE

    RANG

    NOMBRE

    SALLES

    ENTREES FRANCE

     

    739 646

     

    ENTREES PARIS

     

     

     

    ENTREES BANLIEUE

     

     

     

    ENTREES PARIS BANLIEUE

     

    233 513

     

    Détail entrées Paris

     

     

     

    1ère semaine

    2

    82 146

    16

    2ème semaine

    4

    54 291

     

    3ème semaine

    7

    37 219

     

    4ème semaine

    11

    25 323

     

    5ème semaine

    11

    15 598

     

    Nombre de semaines Paris

     

    8

     

    Moyenne salles Paris 1ère sem

     

    5 134

     

    1er jour Paris

     

    10 077

     

    Cote du succès

     

    * *

     

     CALMOS EXTRAIT

      JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

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    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

    JEAN PIERRE MARIELLE- JEAN ROCHEFORT-CALMOS- 1976

     

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  • Commentaires

    1
    Didier
    Mercredi 29 Mai 2013 à 03:15
    Didier

    Bonjour Renaud,

    Pour la petite anecdote, la cliente de Jean-Pierre Marielle (photo n°1) au début du film, dont on voit - dans le film - le sexe en gros plan n'est autre que l'actrice Claudine Beccarie. Cette actrice venue du porno avait fait beaucoup parler d'elle avant la sortie de "Calmos".

    En effet, c'est en voulant réaliser un portrait de l'actrice pendant le tournage de "Change pas de main" (film porno de Paul Vecchiali (!)), dont il était producteur, que Jean-François Davy mis en image son fameux film-reportage "Exhibition".

    Fort du mini-scandale que le film fit à Cannes en 1975 et surtout des 1 789 419 entrées France (et non pas les 3,5 millions qu'il clame partout), Davy remis le couvert 4 ans plus tard avec son "Exhibition 79" dans lequel il avait retrouvé la trace de Claudine Beccarie - entre-temps "rangée des voitures" - vivant pauvrement avec ses enfants dans une ferme du fin fond de la France.

    En fait, Claudine Beccarie fut la première "vedette" française du cinéma porno, bien avant (et bien plus connue, à cette époque) qu'une Brigitte Lahaie, car elle a aussi tenu, juste avant, l'un des rôles principaux dans "Les jouisseuses", le plus gros succès de tous les temps (pour un film X) avec 2 270 000 de spectateurs en France. En regard aux entrées des autres films X de l'époque, c'est comme si avec "Les jouisseuses" et "Exhibition" elle avait tourné coup sur coup "La grande vadrouille" et "Le corniaud" !

    Concernant sa participation sur le film de Blier, sur lequel elle était venue faire 1 journée de tournage, elle s'en expliquait ainsi :

    "On m'a convoquée parce qu'on ne trouvait personne d'autre pour écarter les jambes. J'ai annoncé mon prix, à prendre ou à laisser. De toutes façons, vu le budget, ce n'était pas cher ! Je n'ai jamais eu autant honte que durant ce tournage ! J'étais la seule à être nue, au milieu de tous ces techniciens habillés. Monsieur Marielle hurlait "mais, couvrez-la, couvrez-la !"...

    2
    Renaud
    Mercredi 29 Mai 2013 à 03:15
    Renaud

    Merci pour ce formidable commentaire, didier !

    En effet je me demandais à l'époque qui était cette femme qui se gratte négligemment l'entrecuisse devant un MArielle qui mange sa tartine de paté. Une scène qui m'avait vraiment beaucoup interloqué à l'époque, le genre de scène qu'on n'ose plus faire au cinéma...si, si !

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