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     BOX OFFICE USA TOP ANNUEL 1927

    TOP 10

     

    Voici le top 50 annuel du box-office américain de 1927, au rythme hebdomadaire de dix films. Le classement est basé sur les recettes enregistrées entre le 1er janvier et le 31 décembre 1927 dans les principales salles du pays que Variety publiait chaque semaine. Sont donc présents quelques films de l’année précédente, sortis généralement en fin d’année et qui continuaient leur exploitation. Aussi, en plus de la recette annuelle, est indiqué dans la colonne de droite le cumul de l’exploitation en cours. Ce total n’inclut pas les éventuelles reprises. Les studios indiqués sont ceux des distributeurs.

    1927 est une année particulièrement intéressante, tant du point de vue du box-office, que par la qualité des films, mais avant tout car c’est une année clé dans l’histoire du cinéma puisqu’il devint parlant.

    Quelques chiffres : 5825 recettes hebdomadaires (1600 de plus qu’en 1926) de 112 salles (augmentation de 32 salles) réparties dans 28 villes répertoriant 816 films ont été compilées. Ces seules salles ont récolté plus de $80.4 millions à elles seules, soit 25 millions de plus que l’année précédente.

    Comme pour les années antérieures, tous ces chiffres sont issus de mes recherches personnelles et 100 % inédits sur le net.

    Très bonne lecture.

    Laurent Aumaitre

     RANG

    TITRE

    RÉALISATEUR

    SORTIE
     USA

     RECETTE
    1927

     RECETTE CUMULÉE

    DE L'EXPLOITATION

     1

    AU SERVICE DE LA GLOIRE
    WHAT PRICE GLORY

    RAOUL WALSH

    23.11.26

    2 112 268 $

    2 278 691 $

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10 Un film FOX avec Edmund Lowe, Victor McLaglen, Dolores del Río

     Sergents des Marines américains Quirt et Flagg sont rivaux romantiques invétérés sur des missions en temps de paix en Chine et aux Philippines. En 1917 ils sont mutés en France, où Flagg, maintenant capitaine tombe amoureux de Charmaine, la fille de l'aubergiste. Bien sûr, quand il voit arriver Quirt, cela gâche son plaisir. Mais les dures réalités de la guerre et la menace d'un mariage forcé donnent aux deux hommes une cause commune...
     
    Ce mélange de comédie et de film de guerre, adapté d'une pièce de Maxwell Anderson et Laurence Stallings, fut à sas ortie le plus gros succès de l'histoire de la Fox. Il consacra Victor McLaglen, Edmund Lowe et Dolores Del Rio en tant que star. Bien que muet, il fut le premier film sonore et musical du studio qui inaugura ainsi son propre système, le Movietone.
    Le succès fut tel que le film eut deux suites (en 1929 et 1931), un remake réalisé par John Ford en 1952, deux feuilletons radiophoniques (avec McLaglen et Lowe, en 1941 et 1942) et un remake non officiel (avec les mêmes stars masculines, en 1942).
    Raoul Walsh ne lésina pas sur le spectaculaire, notamment sur les explosions qui endommagèrent plusieurs maisons aux alentours du tournage (la Fox dut payer $70 000 de dommages et intérêts) et qui coûtèrent la vie à un figurant.


     

    2

    LA GRANDE PARADE
    THE BIG PARADE

    KING VIDOR 05.11.25

           1 805 551 $

              4 835 710 $

     THE BIG PARADE - BOX OFFICE 1926Un film MGM avec John Gilbert, Renée Adorée

    Lorsqu'il assiste à une parade militaire, Jim Apperson, fils d'un riche industriel au tempérament oisif et peu engagé, pense avoir enfin trouvé sa vocation. Il s'enrôle immédiatement dans l'armée et s'embarque pour la France, où la Première Guerre mondiale fait rage. Là, le courage et le dévouement cèdent rapidement la place à la désillusion et à la peur. Seule sa rencontre avec une jeune paysanne, Mélisande, illumine son quotidien. Mais Jim, appelé au combat, ne peut rester auprès d'elle. Blessé au cours des affrontements, il apprend quelque temps plus tard que le village de sa belle a été entièrement dévasté. Bouleversé, Jim entreprend de la rejoindre.

     

    Présent dans le top 50 annuel depuis trois années consécutives, « La grande parade » n'en finit pas d'engranger les dollars. Après avoir été le plus gros succès de 1926, il est enfin diffusé au niveau national et réalise encore une recette impressionnante pour l'époque.

     3

    LE ROI DES ROIS
    KING OF KINGS

    CECIL B.DE MILLE

    19.04.27

    1 206 270 $

                 1 773 970 $ 

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10

     

    Un film Pathé avec H. B. Warner, Dorothy Cumming

    À l'heure où naît Jésus dans une étable de Bethléem, le peuple de Judée est sous la domination romaine. C'est dans une atmosphère de révolte latente contre la tyrannie que grandit le Christ, entouré de l'amour de Marie et de Joseph. Jean-Baptiste, le prophète du désert, prêche la non-violence. Jésus se fait baptiser par lui. Tandis que le nouveau gouverneur romain de Judée, Ponce Pilate, vient prendre possession de sa charge, Jean-Baptiste est décapité par ordre de Hérode qui espère ainsi obtenir les faveurs de la perfide Salomé. Petit à petit, le Christ se fait connaître du peuple. Un jour, il entre à Jérusalem, acclamé par une foule grouillante de fidèles, tandis que la garnison romaine est occupée à écraser une insurrection conduite par Barabbas...

    Ce film, qui raconte la dernière semaine de la vie de Jésus et sa résurrection, est le plus gros succès de l'expérience de Cecil B. DeMille comme producteur indépendant. Avec un gros budget de $1 265 283,95, DeMille livre un film spectaculaire, doté de costumes somptueux et de décors grandioses. À ce titre David O Selzncick racheta le Temple de Jérusalem construit pour le film. Il se servit de la porte géante de ce décor pour son film « King Kong » en 1933, puis utilisa tout le décor pour « Le jardin d'Alla » en 1936 et enfin le brûla en tant qu'entrepôt de munitions d'Atlanta dans « Autant en emporte le vent ».
    DeMille avait instauré sur le plateau une ambiance religieuse ; chaque jour, à la fin du tournage, il y avait une prière collective et personne ne devait adresser la parole à H.B. Warner, interprète de Jésus, lorsqu'il était en costume de son personnage, en dehors des prises de vues. Un jour, alors que Warner arrivait bras dessus bras dessous avec l'actrice Sally Rand, avec qui il avait une liaison, DeMille pris le mégaphone et dit « Mlle Rand, laissez mon Jésus seul je vous prie ! Si vous devez baiser quelqu'un, baisez Ponce Pilate ! »
    La séquence d'ouverture et la scène de la résurrection furent tournées en technicolor bicolor.
     Ce fut le premier film projeté au célèbre Grauman's Theatre d'Holywood Boulevard.

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10

     

    4

    L'HEURE SUPREME
    SEVENTH HEAVEN

    FRANK BOEZAGE

    19.04.27

          1 181 863 $

        1 318 563 $ 

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10 Un film FOX avec Janet Gaynor, Charles Farrell

     Les soeurs Vulmir vivent à Montmartre dans des conditions sordides : Nana, l’aînée, alcoolique, fouette sa soeur Diane. Les seuls parents des deux orphelines, Oncle George et Tante Valentine, arrivent à l’improviste avec l’intention de prendre en charge le destin de leurs nièces. comme ils s’enquièrent de leur moralité, Diane avoue la vérité : ils rebroussent chemin, scandalisés. Nana, furieuse, le fouet à la main, pourchasse Diane à travers les rues et tente de l’étrangler. Chico, un égoutier, intervient in extremis et maîtrise Nana, qui s’enfuit. Diane tente de se suicider avec un couteau, mais Chico lui sauve la vie une nouvelle fois. Alors que Nana dénonce sa sœur à la police, Chico prend Diane sous sa protection en affirmant qu’elle est sa femme. Jusqu’au contrôle de ses dires, la jeune fille doit s’installer chez lui. Commence alors une autre vie dans la mansarde sous les toits, havre de paix et paradis loin du cauchemar...

    Ce fut une grande année pour la Fox qui produisit deux des plus gros succès de l'année, mais aussi deux chefs d'œuvres du 7e art (il y aura « L'aurore » de Murnau). Elle s'impose enfin comme un studio majeur. Le succès de « L'heure suprême » à l'international est considérable. Si on en croit Variety, il fut le 13e plus gros succès mondial du muet avec 2,5 millions de dollars engrangés par le studio, ce qui rentabilisa amplement son imposant coût de 1,3 million de dollars. Le film fera de Janet Gaynor et de Charles Farrell des stars du jour au lendemain. Gaynor sera même l'une des stars majeures des 10 années à venir et sera souvent citée comme la successeure de Mary Pickford.
    Les deux acteurs tomberont amoureux sur le tournage et ne tourneront pas moins de 12 films ensemble en seulement trois ans, dont trois dirigés par Frank Borzage.
    Cette adaptation d'une célèbre pièce de Broadway (704 représentations) sera également un immense succès critique, et l'événement de la première cérémonie des Oscars. C'est ainsi que le film est nominé pour 5 Oscars, en obtient 3 (actrice, scénario et réalisateur). Janet Gaynor devient ainsi la première actrice oscarisée, mais restera également la plus jeune jusqu'en 1986.
    La Fox sortira une version sonore, musicale et contenant même une partie parlante cinq mois plus tard, soit un petit mois avant « Le chanteur de jazz ». Toutefois, étant sorti d'abord muet, l'histoire (et surtout la promo de la Warner) retiendra que « Le chanteur de jazz » est le premier film parlant du cinéma.
    Henry King fera un remake du film en 1937, avec James Stewart, sans succès. Il sera ensuite adapté à la radio en 1938, à la télévision en 1953 et en comédie musicale en 1955.

    5

    BEAU GESTE

    HERBERT BRENON

    28.08.26

          1 112 911 $

              1 708 926 $ 

    BOX OFFICE USA 1926Un film PARAMOUNT avec Ronald Colman

    Beau Geste et ses frères John et Digby sont élevés par leur tutrice, Lady Brandon. Pour donner à ses pupilles la meilleure éducation, celle-ci vend, à l'insu de son époux, " l'Eau bleue ", un saphir qu'elle remplace par une imitation. Soucieux d'éviter à sa bienfaitrice la colère de Lord Brandon, Beau vole la fausse pierre, et s'engage dans la Légion où ses frères le suivent bientôt. Beau, John et Digby commettent l'imprudence de parler du saphir devant Rasinoff, une crapule qui s'empresse d'informer un sergent brutal, Markoff. Ce dernier envoie Digby à Fort Tokotu et Beau et John à Fort Zinderneuf dont il prend le commandement. Le fort est attaqué par des rebelles et, à la faveur des combats, Markoff tente de s'emparer de " l'Eau bleue"...

    Cette adaptation du célèbre roman de Percival Christopher Wren (1924) connut un immense succès critique et public et reste une référence du film d'aventure sur la Légion étrangère. Il eut deux suites, « Beau sabreur » et « Beau ideal », qui étaient également des suites du roman, toutes deux écrites par Wren. La Paramount produira, avec beaucoup de succès, un remake parlant de son film en 1939 avec Gary Cooper, et réalisé par William A. Wellman. La Universal adaptera le roman à son tour en 1966.

      

    6

    VAINCRE OU MOURIR
    OLD IRONSIDES

    JAMES CRUZE

    06.12.26

           956 798 $   

                      1 434 461 $   

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10 Un film PARAMOUNT avec Charles Farrell, Wallace Beery, George Bancroft

    Au début du 19ème siècle, la frégate USS Constitution, surnomée Old Ironsides, part comme navire amiral de l'escadre Américaine pour l'Europe pour protéger les navires marchands contes les attaques des pirates qui hantent la Mer Méditerranée. Pendant ce temps, un jeune homme désireux de devenir marin s'engage sur l'"Esther" un navire marchand en route pour la Méditerranée. L'Esther et L'USS Contitution seront tout deux impliqués dans un grande bataille contre les pirates...


    La Paramount voulait faire pour le film d'aventure maritime et de pirate, ce que « La caravane vers l'Ouest » avait fait pour le Western : imposer le mètre étalon du genre. Elle mit les moyens pour réussir : James Cruze à la réalisation, filmé dans un procédé d'écran large (le Magnascope), Wallace Beery au casting (il avait déjà joué dans « L'aigle des mers ») et bien sûr, gros budget. James Cruze poussa le réalisme au point d'acheter un vrai navire afin de le brûler et de le couler. Bien qu'un peu oublié aujourd'hui, le réalisateur livre l'un des meilleurs films du genre, réaliste et spectaculaire.

    7

    QUAND LA CHAIR SUCCOMBE
    THE WAY OF ALL FRESH

    VICTOR FLEMING

    25.06.27

            859 900 $    

          859 900 $    

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10 Un film PARAMOUNT  avec Emil Jannings, Belle Bennett

     Aux Etats-Unis au début des années 1900 à Milwaukee, dans le Wisconsin, un employé de banque, August Shiller, heureux dans son travail et sa famille, est chargé de transporter des titres importants en valeurs immobilières à Chicago. Dans le train, il rencontre une séductrice blonde qui le convainc de lui acheter une bouteille de champagne et l'emmène dans sa berline. Le lendemain matin, il se réveille seul dans une chambre délabrée, sans les titres...

    Succès public et critique, ce film imposa définitivement Victor Fleming, qui réalisait des films depuis 1919, comme un réalisateur de premier plan.
    C'est également le premier film américain d'Emil Jannings. Né d'un père américain et d'une mère allemande, il monte sur les planches en 1915, où il rencontre Ernst Lubitsch, alors acteur. Il devient une star en Allemagne aux côtés de Pola Negri dans « Les yeux de la momie » en 1918 et dans « Madame DuBarry » l'année suivante. Puis, au cours des années vingt, il connait plusieurs succès aux États-Unis qui font de lui une vedette auprès des Américains. Rejoindre la Paramount est la consécration. La première cérémonie des Oscars est l'occasion de rendre hommage à son immense talent, puisqu'il obtiendra l'Oscar du meilleur acteur pour ce film et, cas unique dans l'histoire des Oscars, pour « Crépuscule de gloire » sorti en 1928.
    « Quand la chair succombe » est aujourd'hui perdu, ce qui en fait le seul film oscarisé dans ce cas.

    8

    LE ROMAN DE MANON
    WHEN A MAN LOVES

    ALAN CROSLAND

    03.02.27

         795 199  

                855 699 $          

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10 Un film WARNER BROS avec John Barrymore, Dolores Costello

    Le Chevalier Fabien des Grieux, un aventurier, se bat pour sauver une jeune fille de la prostitution, Manon Lescaut.


    Après le succès de « Moby Dick », la Warner reforme à l'écran le couple Barrymore-Costello pour cette adaptation de « Manon Lescaut » de l'Abbé Prévost. Barrymore joue ainsi dans le dernier des trois films de son premier contrat avec le studio.
    Bien que muet, le film est doté d'une bande originale qui enthousiasma aussi bien le New York Times que le public.
    Myrna Loy est figurante dans le film, comme prisonnière, et le directeur de la photo est le futur réalisateur Byron Haskin.

     

    9

    THE BETTER OLE

    CHARLE REISNER

    07.10.26

          741 412 $  

                 1 246 106 $  

    BOX OFFICE USA 1926 TOP 11 A 20Un film WARNER BROS avec Syd Chaplin

    Old Bill (Syd Chaplin)  soldat Britannique durant la première guerre en France est affecté dans un village français. Il découvre que le commandant est un traitre de mèche avec l'aubergiste local. Les deux tentent de l'empoisonner mais échouent et Old Bill possède une photo preuve de la trahison du commandant.

    Ce film dont nous avons déjà parlé dans le top 50 de 1926 (il était à la 15e place) contient le premier mot sonore prononcé dans l'histoire du cinéma. Il s'agissait de « coffee ».

    Cette seconde adaptation d'une célèbre pièce anglaise (811 représentations à Londres et 353 à New York), elle-même inspirée d'une bande dessinée, est le plus gros succès de Syd Chaplin, petit frère de Charlie, et le deuxième film entièrement sonorisé.
    Fondée en 1922, par les quatre frères Warner, la Warner Bros connait des débuts forts difficiles. Pour tout dire, très endetté, le studio est au bord de la faillite seulement trois ans après sa fondation. Pourtant Sam Warner, convaincu que l'avenir du cinéma est parlant, obtient un prêt en avril 1925 pour acheter une petite société en difficulté, Vitagraph qui a mis au point un procédé de synchronisation du son et de l'image. Sa ténacité se révèle payante puisqu'en seulement deux mois, la Warner produit deux films millionnaires, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant.

     

    10

    DON JUAN

    ALAN CROSLAND

    06.08.26

    739 822 $

               1 924 149 $ 

    BOX OFFICE USA 1927 - TOP 10  Un film WARNER BROS Avec John Barrymore, Mary Astor

    S'il était une chose que Don Juan de Marana apprenait de son père don Jose, c'était que les femmes lui donnaient trois choses : la vie, la désillusion et la mort. Dans les différents cas de son père, il y avait sa femme, donna Isobel, et donna Elvira qui était la dernière. Don Juan qui vivait à Rome, participait à l'université de Pise. Rome était mené par la famille Borgia : César, Lucrèce et le comte Donati. Juan conquit beaucoup de cœurs, mais le seul qu'il n'arrivait pas à conquérir le hantait.

    L'engouement pour ce film (cf top 50 de 1926) fut tel que lors de sa première, le 5 août 1926 au soir, au Warner de New York, le prix de la place était de $10 ! À l'époque, pour une première, les prix oscillaient entre $2 et $3. Il fut également le premier film dont le prix en exclusivité sur Broadway dépassait les $3 pour les séances du soir, avec $3,3, les places s'échangeant parfois à plus de $5 lorsque la salle était complète. Pour donner une idée, le prix moyen d'une place à l'époque était d'environ 30 cents. On comprend mieux dès lors comment le film put rapporter $13 787  sur le seul week-end de sa sortie.

     

     

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